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©Ava Grollier


Le Journal d’un fou
à en devenir “gogol”
C'est au Petit Gymnase, que se joue ce monologue ovni de Nicolas Gogol, mis en scène par Wally Bajeux et interprété par Syrus Shahidi.
Wally, pourquoi monter ce texte aujourd'hui ?
Gogol a écrit cette nouvelle sous le règne répressif de Nicolas Ier. Son personnage, Proprichtchine, est l'image même du citoyen moyen et intégré - il est un petit fonctionnaire - qui va prendre conscience du système dans lequel il est prisonnier et qui va être subitement envahi par la certitude d'un avenir médiocre. Il va alors tomber dans une folie quotidienne, puis de plus en plus violente jusqu'à l'isoler. Ses actions irrationnelles reflètent sa distance au monde présent, alors le temps se disloque, la communauté sociale se désagrège autour de lui.

C'est donc une critique sociale ?
C'est, selon moi, plutôt une vraie critique de l'humain face à notre société, d'un individu immergé dans un système. Il y a aussi un amour sans espoir - c'est très symptomatique de nos sociétés modernes où l'on nous parle sans cesse de l'individualisme et de la solitude d'un célibat subi. Il cherche à fuir, mais il est enfermé. Ses névroses remontent, ses hallucinations font parler les chiens, sa schizophrénie le pousse à s'imaginer en roi d'Espagne. Son monde se remplit de démons et la réalité devient un kaléidoscope de son ressenti. Un conflit apparaît entre ses désirs propres et son esprit, c'est une lutte intérieure, et c'est en ça que le texte de Gogol est fort, car il est universel et intemporel.
Zoom par Samuel Ganes
Paru le 19/11/2013

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