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© Philippe Delacroix


Moi je crois pas !
au théâtre du Rond-Point
Après sa série des "Ça va ?", Jean-Claude Grumberg signe "Moi je crois pas !", un duo théâtral mis en scène au théâtre du Rond-Point par Charles Tordjman. Catherine Hiegel et Pierre Arditi interprètent ce "portrait aigre-doux d'une France à pantoufles".

Comment est né Moi je crois pas ! ?

C'est une variante d'une série que j'ai écrite il y a quelques années : les Ça va ? Au départ, il ne s'agissait que d'une suite de saynètes mettant en jeu un couple. La plupart de ces saynètes commencent par un "Moi je crois pas" de l'homme auquel la femme réplique par un "Moi je crois". Et puis, à l'intérieur de cette suite de scènes, j'ai fini par organiser la vie de l'immeuble dans lequel habitent cet homme et cette femme. Tous deux se sont mis à vieillir, à entrer dans leurs souvenirs, jusqu'à ce qu'apparaissent l'amnésie de l'un et la solitude de l'autre. C'est de cette façon qu'une pièce est née.

Quel regard sur l'homme, sur la femme et sur le couple portez-vous à travers cette pièce ?

Je crois qu'il y a, dans ce couple, une forme de tendresse née des nombreuses années passées à vivre ensemble. Mais il y a aussi des conflits, des complications. Car au-delà de la tendresse dont je viens de parler, l'affrontement est aussi parfois une manière de garder quelque chose en commun, de remplir la vacuité qui grignote peu à peu la vie à deux.

Charles Tordjman déclare que Moi je crois pas ! n'est pas une longue scène de ménage, mais que c'est "le pain même du ménage". Êtes-vous d'accord avec cela ?

Je suis, par principe, d'accord avec tout ce que dit Charles Tordjman sur Moi je crois pas ! Cela, pour la simple et bonne raison que l'écriture de ces scènes a davantage relevé pour moi de l'improvisation que d'un travail de construction théâtrale précis. À l'époque, je travaillais beaucoup pour la télévision et le cinéma. J'écrivais donc avec beaucoup de contraintes, avec des objectifs à tenir, des délais... D'une certaine façon, écrire ces Moi je crois pas ! était pour moi une forme de détente, une manière de retrouver ma totale liberté d'écriture.

Voulez-vous dire que, dans l'écriture de ces scènes, c'est davantage votre inconscient qui s'est exprimé que votre conscient ?

Oui, certainement. Je me mettais à écrire et les choses s'organisaient toutes seules. Il me semble qu'au théâtre les textes qui se créent ainsi, comme malgré soi, prennent une place privilégiée. L'écriture théâtrale, peut-être plus que toute autre forme d'écriture, est avant tout faite de l'inconscient de l'auteur.

Qu'est-ce qui vous intéresse particulièrement dans l'univers de mise en scène de Charles Tordjman ?

Son écoute formidable, la finesse avec laquelle il perçoit ce que l'auteur a écrit. Et puis, Charles Tordjman laisse toujours les acteurs libres d'inventer et de créer sur scène. Il n'organise pas trop, ne bride pas l'imaginaire et les envies de jeu des interprètes. C'est une grande qualité.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 24/02/2012

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