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D.R.


Le Théâtre de Belleville
Une renaissance
Ou comment Laurent Sroussi, ancien banquier, est le propriétaire et directeur d'un théâtre qui défend la création contemporaine.

Qui êtes-vous Laurent Sroussi ?
Après HEC, j'ai travaillé sur les marchés financiers et, en 2004, à 38 ans, je décide de changer de vie en m'inscrivant aux cours de théâtre de Claude Mathieu. Entre élèves, nous avons constitué une troupe avec laquelle nous avons monté un spectacle par an. J'ai également mené d'autres projets en parallèle. Mais comment travailler dans des conditions décentes, sans payer et en étant payé ? En ayant un théâtre ! Un projet resté en l'état... jusqu'à l'annonce de la vente du Théâtre du Tambour Royal, avec les murs. J'ai immédiatement été charmé par le lieu et le quartier représente les valeurs que je voulais défendre - mixité, foisonnement, gens qui quittent tout pour redémarrer quelque chose -, et puis Belleville, c'est aussi la Commune, l'esprit de résistance. J'ai pesé les risques, budgétisé de gros travaux pour accueillir décemment compagnies et spectateurs, notamment 96 places confortables, sans poteaux gênants !, aménagement du plus grand plateau possible, isolation phonique, relèvement du plafond au-dessus de la scène, déplacement de la régie, accueil des spectateurs à l'entrée, dispositif technique... et le Théâtre de Belleville est né !

Votre équipe ?

Léopoldine Leydier, qui vient du théâtre Mouffetard, à la communication, Jean-Philippe Morin à la technique, Lise Quet à la billetterie et quatre intermittents et une stagiaire pour nous épauler.

Dans quelles conditions accueillez-vous les compagnies ?

En coréalisation, sans minimum garanti et en partageant à parts égales le budget communication. Elles sont programmées de six à huit semaines.

Comment s'effectuent vos choix ?

Je programme des compagnies émergentes au sens éthique marqué, au propos artistique ambitieux et travaillant sur une dimension à la fois poétique et jubilatoire, qui ont l'envie de partager avec le public ; ce peut être de l'émotion, du rire, peu importe, mais surtout pas un théâtre désincarné et froid. Si l'exigence artistique doit primer, leur travail ne doit pas être dénué d'intérêt populaire. Je souhaite aussi voir en elles la flamme de la résistance poétique, car je suis persuadé que la beauté et l'émotion peuvent transformer la conduite des gens. Enfin, il faut que cela s'inscrive dans mes goûts personnels afin de construire une vraie ligne artistique, entre le Lucernaire et le Théâtre de la Bastille. Et comme c'est dans mes contrats, les comédiens doivent être rémunérés, je programme principalement des compagnies subventionnées.

Premier bilan ?

Très content, car le retour des compagnies et des spectateurs est excellent... mais j'ai seulement un mois de recul, car nous avons ouvert le 15 octobre 2011 !
Interview par Caroline Fabre
Paru le 15/03/2012

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