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© Bruno Perroud


Laurence Février
dans “À l’Ouest”, de Nathalie Fillion
L'auteure et metteure en scène Nathalie Fillion présente "À l'Ouest" au théâtre du Rond-Point. Une pièce sur une famille en état de crise au sein de laquelle Laurence Février interprète un personnage de "grand-mère matriarche"...

De quoi est-il question, dans À l'Ouest ?
À l'Ouest parle de nous. On y découvre une famille saisie de stupeur par la crise financière de 2008, et cette découverte se fait dans la drôlerie, l'émotion, le rêve. Une famille recomposée, où les grands-parents retraités ont su épargner et acheter des biens immobiliers devenus de véritables petites fortunes, et où un père maniaco-dépressif accueille chez lui les enfants de ses différentes femmes qui, elles, sont toutes parties.

Dans cette famille recomposée, quel personnage interprétez-vous ?

Il y a le déclenchement d'une crise intime dans cette famille - qui a lieu en même temps que le déclenchement de la crise financière mondiale - et qui est due au changement d'antidépresseurs que prend le père pour se soigner. Il était anxieux et inquiet, il devient dispendieux et jette son argent par les fenêtres, au grand dam de ses enfants. Ils vont se confier à leur grand-mère Madeleine, pour qu'elle reprenne la situation en main. C'est cette Madeleine, pivot de la famille, que j'interprète.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de participer à ce projet ?

C'est cette grand-mère, qui porte tout sur ses épaules, ce personnage de femme qui n'existe pas encore au théâtre et que Nathalie Fillion a su écrire, qui m'a donné envie de participer à ce projet. Tous les personnages de la pièce - ils sont huit - traversent des univers très divers et leurs relations offrent une multiplicité d'analyses. Mais c'est cet angle-là qui m'a le plus accrochée, parce qu'il correspond à l'une de mes préoccupations majeures en tant que femme de théâtre. Je trouve très important ce choix d'une jeune auteure dramatique : elle donne le premier rôle à une femme de 70 ans, et elle fait émerger un archétype encore inexistant sur la scène théâtrale.

Comment pourriez-vous caractériser l'univers d'écriture de Nathalie Fillion ?

L'écriture de Nathalie Fillion est singulière, très rythmée, à la fois ludique et émouvante. On a pu se rendre compte de l'éclat de cette écriture quand elle a monté Alex Legrand, qui a été unanimement salué par la critique. J'ai eu la chance de créer de nombreux spectacles dont les auteurs n'avaient jamais été joués en France, et je suis heureuse de poursuivre cette ligne, en participant à l'émergence d'une nouvelle écriture contemporaine. Et puis, il y a ce personnage qu'elle a su faire exister... Ce serait magnifique qu'il devienne un archétype et qu'à l'issue des représentations, on puisse se dire, à la vue de certaines femmes, "c'est une Madeleine".
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 28/02/2012

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