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Stéfan Corbin
Bruno Perroud


L’Hôtel des Roches noires
Un musical entre l’ici et l’au-delà
Ce nouveau spectacle musical, totale création made in France, mis en scène par Christophe Luthringer, se joue au Vingtième Théâtre. Rencontre avec son auteur, Françoise Cadol, son compositeur, Stefan Corbin et l'un de ses interprètes, Arnaud Denissel.

Revenons sur la genèse de ce musical.
Françoise Cadol :
Tout a commencé par une rencontre, celle d'un lieu... Puis, par une autre : celle d'un homme. Je me suis retrouvée, il y a quelques années, dans le hall de l'ancien Hôtel des Roches noires, sur la plage de Trouville. C'est une grande bâtisse qui a fermé ses portes dans les années 50, ne pouvant faire face à l'arrivée de palaces luxueux sur la côte. C'est aujourd'hui une copropriété, mais qui a su garder, grâce à son hall classé, le charme du passé avec son vieux téléphone à fiches, son vieil ascenseur, sa porte-tambour, ses grandes fenêtres sur la mer... Il y a quelques années, j'étais dans ce hall immense et vide... et le temps s'est arrêté ! J'ai fermé les yeux, j'écoutais le vent, les vagues, j'ai commencé à sourire en pensant à tous les clients qui étaient passés dans cet hôtel, à toutes ces vies qui s'étaient croisées, frôlées, d'une époque à une autre... Monet avait peint l'hôtel, Proust y avait séjourné, Marguerite Duras y avait habité... des centaines de personnes y avaient résidé ! Cet endroit était chargé ! Et il y a deux ans, j'ai rencontré Stefan Corbin...
Stefan Corbin : On a eu un coup de foudre artistique immédiat. On ne se connaissait pas vraiment, mais on savait, on sentait qu'on devait écrire ensemble.
F. C. :
J'ai parlé à Stefan de ce sentiment que j'avais ressenti dans ce hall, et tout est parti de là.
S. C. : On n'avait pas les personnages au début, on est parti de rien. Juste ce désir de travailler ensemble ! Et on a parlé, parlé... Je rentrais chez moi, m'asseyais au piano, composais une musique que m'avait inspirée notre conversation, puis Françoise écrivait des mots que lui inspirait ma musique... Parfois une mélodie soufflait le texte et parfois l'inverse. Au bout de huit mois, on avait écrit et composé soixante-quinze chansons. Il n'en reste qu'une vingtaine dans le spectacle. On avait le désir d'une pièce chorale, sans premier ni second rôle, avec des destins qui se croisent, et au final c'est un vrai canevas d'histoires de vie qui a fait surface.

Comment sacrifie-t-on une partie de son travail en faisant ce choix de chansons ?
F. C. :
Dans L'Hôtel des Roches noires, les chansons devaient servir la dramaturgie et non l'inverse. Et puis, il a fallu trouver le bon dosage entre l'émotion et l'humour. Nous avons essayé d'être exigeants... et parfois cela a été douloureux de renoncer à une belle mélodie ou à un beau texte.
S. C. :
C'est un vrai travail sur l'ego en fait. Avec Christophe Luthringer, le metteur en scène, on a pris toutes les décisions à trois, comme le casting et tous les choix artistiques. Il a fallu renoncer à des textes, des musiques, faire parfois fusionner des personnages, remodeler certains passages encore et encore... Ça a été une belle remise en question.

Une histoire de fantômes donc ?
F. C. :
Oui... et une histoire humaine, une histoire d'amour, car ces fantômes ont besoin des vibrations et des sentiments des vivants.
Arnaud Denissel :
C'est ce qui m'a vraiment touché quand j'ai lu le texte ! On est dans le fantastique, puisque des fantômes parlent à un vivant ! C'est drôle et ludique... Les fantômes ont de fortes personnalités ! Il y a un vrai suspense aussi, avec une résolution d'énigmes au fil de l'histoire... Et c'est un spectacle poétique. Il y a une charge émotionnelle et onirique que j'ai sentie tout de suite à la lecture et à l'écoute de la musique.
S. C. :
C'est une vraie création musicale. Contrairement à une commande où l'on impose un style, là j'étais libre. Aucun univers n'était imposé, aucun interdit, du coup, je suis allé naturellement vers ce qui me plaît : les mélodies mélancoliques et aussi des rythmiques plus ludiques. Il y a beaucoup de chants qui s'entrecroisent, des harmonies. Il y a eu des musiques qui m'ont troublée aussi : on ne sait jamais réellement d'où nous vient l'inspiration parfois.
F. C. :
On s'est écouté, ou peut-être sont-ce nos fantômes qui nous ont soufflé des mots à l'oreille et ont guidé nos mains et nos cœurs. C'est un spectacle dont l'essence trouve sa source au plus profond de nous-mêmes... Un hymne à la vie.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 27/01/2012

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