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Jean-Paul Muel
© Bruno Perroud


Le Gros, la vache et le mainate
Un ténor un peu gros chante des chansons paillardes auxquelles les enfants ne comprennent goutte. Un jeune homme s'adonne, régulièrement, à quelques effeuillages. Deux tantes jacassent sans respecter ni les vieux, ni la mort, ni la pureté de l'enfance... Pierre Guillois signe une "opérette barge", qui s'attache à toujours prendre le spectateur à contre-pied.

Pierre Guillois
auteur et comédien


Comment est née l'idée de ce projet délirant ?

Ce spectacle a été créé à Bussang, au Théâtre du Peuple qui a une longue tradition de théâtre populaire. Ce contexte est très important, car j'ai voulu créer une pièce décapante, mais qui puisse, malgré les multiples provocations qu'elle contient, rencontrer un vaste public. Ensuite, j'ai puisé dans mes multiples désirs de comédie, de spectacle, et mon amour des dialogues au vitriol.

Quels types de ressorts comiques avez-vous utilisés ?

Le comique vient d'une part des dialogues et, d'autre part, de la capacité des grands acteurs qui sont sur scène à jongler avec leurs répliques (ndlr, aux côtés de Pierre Guillois, on retrouve Olivier Martin-Salvan, Jean-Paul Muel, Luca Oldani et Pierre Vial). Le fait que les deux personnages de tantes soient incarnés par ces deux hommes d'âge respectable que sont Pierre Vial et Jean-Paul Muel participe évidemment de l'effet comique. Mais c'est surtout leur puissance à manier le verbe qui fournit tout le burlesque que nécessitent leurs scènes.

Pourquoi avez-vous donné le sous-titre d'"opérette barge" à ce spectacle ?

Si cette pièce est une véritable pièce, elle contient cependant de nombreux éléments propres au cabaret (des figures de commères, un strip-teaseur, des numéros visuels, des chansons bien souvent gauloises...). La trame de cette "opérette" est ainsi particulièrement agitée. Mais aussi dingue soit-elle, le spectateur a les moyens de s'attacher aux personnages et de croire aux situations. Je suis fasciné par les formes liées au cabaret à condition qu'elles puissent rejoindre le théâtre. Il n'y a que cela qui m'intéresse. Par exemple, le strip-tease n'est pas en soi un genre qui me fascine. En revanche, pourvoir inclure un strip-tease dans une pièce, m'arranger pour qu'à l'intérieur d'une histoire un tel événement soit possible, cela me plaît infiniment.


Luca Oldani
un jeune homme qui se dénude...


"Dans Le Gros, la vache et le mainate, j'interprète une panoplie de personnages. Leur point commun est que tous vont, soit finir, soit arriver nus sur scène... De quelque manière que ce soit, ces personnages vont tous au bout des 'fantasmes' qu'il représentent dans l'inconscient collectif... Le pompier qui vient vendre son calendrier et finit nu au milieu du salon ; l'ambulancier taché de sang à qui l'on arrache violemment ses vêtements ; le facteur qui, lui, se présente d'ores et déjà déshabillé... J'ai la 'lourde tâche' de représenter le fantasme de l'homme-objet et facile. Avant que l'on me propose de jouer dans ce spectacle, je n'avais jamais fait de strip-tease de ma vie. Finalement, je crois que la mise à nu, dans ce métier, est autant symbolique que concrète. Sur scène, si ce n'est pas son cul que l'on montre, c'est de toute façon son cœur. Et il s'agit d'un don de soi tout aussi important."


Jean-Paul Muel
interprète Tante Schmurtz


Qui sont les personnages de "tantes" que vous interprétez avec Pierre Vial ?

Pierre Vial est Tante Chose, moi je suis Tante Schmurtz. Nous sommes tout le temps en rivalité, nous nous détestons. Je la trouve idiote, elle me trouve prétentieuse. Pierre serait plutôt la campagnarde un peu plouc, moi la citadine branchée.

Quel rôle ces femmes jouent-elles dans le spectacle ?

Elles en sont un peu les personnages principaux. Ce sont les commères qui, comme dans les opérettes traditionnelles, font le lien entre les scènes. Ces deux femmes philosophent sur l'état du monde, sur les grands sujets de société : la vie, la mort, l'amour, la pauvreté, la vieillesse, l'enfance, la sexualité... Mais leur vision du monde est monstrueusement réactionnaire. Elles sont, par nature, mauvaises, atrocement drôles, sans pitié, égoïstes.

Comment, lorsque l'on est un homme, compose-t-on un rôle de femme ?

Je ne compose pas, je pars du principe que je joue un personnage, un caractère et non un sexe. Je fais confiance au costume ! Dès que l'on a mis la robe, les talons et la perruque, il n'y a plus rien à faire. On ne bouge pas de la même façon avec une robe, et l'on ne marche pas de la même façon avec des talons. Et je ne change surtout pas de voix ! De gestuelle, non plus. La seule différence entre un rôle d'homme et un rôle de femme, c'est le costume.
Dossier par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 14/02/2012

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