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Colette Nucci
Bruno Perroud


Ouverture du Théâtre 13/Seine
Colette Nucci et Fabian Chappuis
Le 24 novembre dernier, le Théâtre 13 inaugurait sa nouvelle salle, 30, rue du Chevaleret, espace qui avait jusqu'alors accueilli la Compagnie du Lierre. Colette Nucci, comédienne et directrice du Théâtre 13, et Fabian Chappuis, administrateur du lieu et metteur en scène, nous présentent leurs ambitions pour cette nouvelle scène destinée aux compagnies émergentes.
Vous dirigez le Théâtre 13 depuis 1999. Quelle identité avez-vous souhaité donner à ce lieu ?
Colette Nucci : L'identité du Théâtre 13 s'est imposée peu à peu en recevant des jeunes compagnies dont j'avais découvert le travail dans des petites salles de Paris ou en banlieue. J'ai souhaité que le Théâtre 13 devienne le lieu où ces compagnies émergentes pourraient se produire dans de bonnes conditions en leur offrant un temps d'exploitation suffisamment long pour faire venir le public, la presse, et les professionnels. Un pari réussi puisque nous sommes aujourd'hui identifiés comme le théâtre des jeunes compagnies et des nouveaux talents. Nous avons même créé il y a six ans un "prix jeunes metteurs en scène" avec le soutien de la SACD, et la programmation publique des finalistes en juin attire un public très nombreux. La spécificité de notre programmation tient aussi au fait qu'il y a toujours du monde sur le plateau et que nous défendons un théâtre de troupe.

Quels temps forts choisiriez-vous d'évoquer pour esquisser l'histoire du lieu ?

C. N. : La programmation en septembre 2000 du Baladin du monde occidental qui fut un moment déterminant pour la carrière du metteur en scène Guy-Pierre Couleau qui dirige aujourd'hui le Centre dramatique de Colmar. En 2001, Des Souris et des Hommes, projet porté par Philippe Ivancic et Jean-Philippe Evariste, et qui continue de tourner dix ans après avec la même équipe. Beaucoup de bruit pour rien qui a fait connaître Benoît Lavigne et Xavier Gallais. Nos trois Molière : en 2004 pour Comme en 14, en 2005 pour le Macbett de Ionesco, et, en 2006, pour Le Collier de perles du gouverneur Li Qing dont nos spectateurs continuent de nous parler avec émotion ! Également, Marie Stuart qui permit à Fabian Chappuis d'être sollicité pour la mise en scène de À mon âge je me cache encore pour fumer qui a été joué à la Maison des métallos à guichet fermé. Au-delà de ces spectacles et de bien d'autres, c'est la qualité de la relation humaine entre les metteurs en scène et leurs compagnies qui confère au Théâtre 13 son atmosphère si chaleureuse. Nous sommes un peu comme une grande famille et j'aime les liens de fidélité que nous avons su créer avec beaucoup d'entre eux.

Quelles sont vos ambitions pour le Théâtre 13/Seine ?

C. N. : Notre projet pour le Théâtre13/Seine reste le même, mais cette deuxième salle va nous permettre d'accueillir les compagnies dans de meilleures conditions pour leurs répétitions. Quand on sait ce que représente le coût d'une salle de répétitions à Paris, on ne peut que se réjouir du confort de ce nouvel espace, et remercier encore une fois du fond du cœur la Mairie de Paris de nous l'avoir confiée.

Quelles sont les pièces que vous accueillerez au premier semestre 2012 ?
Fabian Chappuis : En janvier, nous reprenons mon spectacle, À mon âge, je me cache encore pour fumer, écrit par Rayhana, portrait de neuf femmes réunies dans un hammam à Alger, à la fin des années noires. En avril, nous accueillons Les Deux Nobles Cousins de Shakespeare, dans une mise en scène de Sara Llorca, avec une jeune troupe issue du Conservatoire.

Pour quelles raisons le texte de Rayhana avait-il su retenir votre attention ?
F. C. : Je crois que c'est l'urgence qu'a eue Rayhana de témoigner des femmes qu'elle avait connues en Algérie qui m'a beaucoup touché. Ce texte est comme un grand cri, une prise de parole nécessaire, un espace de liberté que l'on ouvre, peut-être maladroitement, mais salvateur. Un texte sur la tolérance, le vivre-ensemble, qui dénonce tous les fanatismes, les petites et grandes lâchetés.

La version du Théâtre 13/Seine différera-t-elle de celle de La Maison des métallos ?

F. C. : L'équipe est restée exactement la même, seul le rôle de Samia est joué en alternance par Linda Chaïb et Élisabeth Ventura. Je crois que l'esprit est resté le même depuis la création. L'agression de Rayhana (aspergée d'essence par deux hommes le 15 janvier 2010) a bien entendu teinté notre travail d'une certaine gravité et nous a amenés vers plus de profondeur, sans rien perdre de notre humour corrosif. Nous avons joué dans toute la France, sommes allés à Beyrouth, et je suis chaque fois surpris de l'accueil toujours très chaleureux et généreux qui est réservé à ce spectacle.
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 19/01/2012

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