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© Bruno Perroud


Marie Ruggeri
Louise Michel, écrits et cris
La chanteuse et comédienne - que nous avions pu voir dans "Les Misérables" ou plus récemment dans ses créations "Vagabonde" ou "Femmes en danger" -, nous invite à redécouvrir à l'Essaïon - et en musique - le parcours souvent méconnu de la figure emblématique de
la Commune de 1871.
Pour quelles raisons vous êtes-vous intéressée à Louise Michel ?
Alors que je présentais mon monologue Mary's à minuit au Théâtre de Langres, sur les terres de la célèbre anarchiste, l'association Louise-Michel m'a proposé de faire un spectacle sur son héroïne... que je connaissais à peine ! J'ai commencé à lire des milliers de pages sur elle, mais également d'elle. Ce qui m'a le plus touchée et passionnée fut le recueil de 1 265 lettres, Je vous écris de ma nuit, établi par Xavière Gauthier. Ces courriers m'ont permis de découvrir d'autres facettes de sa personnalité contrastant avec son passé de femme engagée. Je me suis essentiellement concentrée sur cette correspondance et son autobiographie pour écrire le spectacle qui débute après le décès de sa mère. Louise est alors une femme vieillissante qui se remémore sa vie.

Qu'avez-vous retenu de sa personnalité ?

Enfant, Louise était déjà révoltée par les injustices. Elle est restée fidèle à ses convictions jusqu'à son dernier souffle, enchaînant conférences et tournées, en France et à l'étranger, pour défendre ses idées. À 20 ans, elle écrit du fin fond de sa Haute-Marne à son dieu, Victor Hugo, pour lui confier son désarroi, après la mort de son père et de son grand-père, et ses doutes sur ses origines comme elle n'a jamais su qui était son géniteur.

Après les événements de la Commune (ndlr : tentative révolutionnaire des milieux ouvriers pour confier aux municipalités la gestion des affaires publiques), elle se défend elle-même devant les juges et trouve injuste de ne pas être exécutée comme la plupart de ses camarades ! Emprisonnée et déportée, elle passe neuf années en Nouvelle-Calédonie où elle est la première à soutenir la révolte des Canaques ! La correspondance révèle, on s'en doute, un être de chair et de sang aux facettes multiples et antithétiques, tantôt mesquine, insupportable - avec son obsession pour les chats ! -, ou généreuse - elle a toute sa vie couru après l'argent comme elle donnait immédiatement le peu qu'elle recevait. Intellectuellement, elle était surdouée : elle peignait, composait, parlait plusieurs langues.

Comment avez-vous habillé le spectacle ?

Pour la partie musicale, j'ai fait une grande recherche sur les chants de la Commune. Je me suis familiarisée avec le canaque puisque je le chante ! La chanson de Jean Ferrat Je ne suis qu'un cri - que Louise aurait pu écrire - est le fil rouge du spectacle. Le décor est extrêmement simple comme nous sommes amenés à jouer dans toutes sortes de lieux. Une chaise permet de figurer les endroits évoqués. J'ai choisi une robe toute simple et intemporelle, car je ne cherche pas à singer Louise Michel. Et je suis accompagnée à la musique par mon acolyte Christian Belhomme !
Interview par Alain Bugnard
Paru le 12/02/2012

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