Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

Pierre Lericq
Bruno Perroud


Andromaque
ou la cruauté d’une fantaisie baroque
Les Épis Noirs, cette troupe hybride d'interprètes mi-comédiens, mi-musiciens, dépoussièrent nos classiques et nous proposent une version moderne d'"Andromaque" au Vingtième Théâtre. Rencontre avec le metteur en scène-auteur Pierre Lericq et l'un de ses interprètes, Fabrice Lebert.
Pierre, pourquoi vouloir moderniser Andromaque ?
Pierre Lericq :
J'avais déjà adapté l'Odyssée d'Homère avec un univers musical plutôt tzigane, et il y a eu aussi Bienvenue au paradis d'après Antigone de Sophocle dans une veine plus variété-pop. Ce que j'aime en fait, c'est profaner le sacré, c'est toucher à des œuvres dites "classiques" et tenter de les rendre plus quotidiennes, plus accessibles aussi. J'aime pouvoir vivre et transmettre une œuvre comme je parle aux gens, avec une adresse directe et le chant du cœur. Il y a toujours la volonté de mélanger art dramatique et musical, qui sont mes deux passions et que je n'aime pas dissocier. Il y a de toute façon de la musicalité dans tout, au théâtre elle peut se retrouver dans le texte, dans les corps ou les respirations des interprètes.

On retrouve le texte de Racine ?
P. L. :
Non, je pars de l'histoire d'Andromaque, et avec beaucoup de libertés, je la retranscris à travers mes textes et la musique.
Fabrice Lebert : Mais on retrouve des alexandrins de Racine dans certaines chansons, et Pierre s'est aussi inspiré de la version d'Euripide, le mythe est donc considéré dans son ensemble et tout est recentré autour des quatre personnages principaux : Hermione, Andromaque, Pyrrhus et Oreste.
P. L. :
Et le personnage de La Mort, qui est une sorte de maître de cérémonie qui annonce tout de suite l'intrigue de la pièce : on est dans une farce, une fantaisie rock et baroque où les personnages n'ont plus qu'une heure à vivre pour trouver l'amour, avant de tous mourir.

Ce n'est donc plus uniquement une tragédie ?
F. L. :
Exactement, on tente de faire rire dans le tragique. Mais personnellement, je suis le travail des Épis Noirs depuis plusieurs années et tous leurs spectacles ont cette force émotionnelle, qui allie toujours le rire aux larmes. On assiste à la fois à un concert, mais aussi à une pièce. Il y a toujours cette énergie burlesque, clownesque, folle, où tout se mélange, à commencer par le théâtre et la musique.
P. L. :
Contrairement aux précédentes créations où il y avait musiciens d'un côté et comédiens de l'autre, ici les quatre interprètes font les deux. Ils jouent vraiment leur personnage, sincèrement et sans parodie, et passent de leur instrument à leur rôle.
F. L. :
C'est intéressant, car du coup, on n'a jamais de temps mort, on est vite dépassé et ça nous apporte aussi une énergie, une urgence de jeu. Pierre aime faire les répétitions devant public et les retours étaient souvent en ce sens. Le spectacle a beaucoup évolué à travers ses rencontres, car Pierre est très à leur écoute.
P. L. :
C'est important pour moi le public. Très important.
Zoom par Samuel Ganes
Paru le 16/12/2011

-
Haut