Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

Laurent Giordanengo
Bruno Perroud


Sauna
Un musical très chaud
Cette comédie musicale de Tim Evanicki et Esther Daack, qui nous vient des États-Unis, adaptée en français par Baptiste Delval, revient au théâtre Clavel pour la deuxième saison. Rencontre avec Nicolas Guilleminot, le metteur en scène, et Laurent Giordanengo, le producteur.
Revenons sur la genèse de Sauna.
Laurent Giordanengo :
C'est un musical créé en 2006, d'abord en Floride, puis sur l'ensemble des États-Unis. Il s'est joué ensuite au Canada et en Angleterre où Vincent Baillet l'a remarqué et a voulu en faire une version française. Vincent, comédien-chanteur, joue également dans le spectacle. Moi je l'avais vu à Montréal et quand on m'a proposé le projet, j'ai voulu le produire. Il s'est concrétisé en deux ans, ce qui est assez court. Le sujet peut paraître difficile de prime abord, mais la pièce est tellement drôle et les musiques belles et entraînantes.

On n'a pas peur de produire un spectacle sur des gays dans un sauna ?
L. G. :
Pas du tout. C'est avant tout une comédie, et les sujets sont assez universels pour concerner et interpeller un public large - d'ailleurs, les filles adorent. On l'a déjà vu avec Le Cabaret des hommes perdus par exemple, ou même La Cage aux folles dans un tout autre style, même si nous ici, ce sont des garçons simples et non des personnages stéréotypés, folles ou drag-queens : l'orientation sexuelle des personnages ne cible pas celle du public.
Nicolas Guilleminot :
Et puis, ça dépasse la simple histoire de gays dans un sauna. C'est un jeune garçon qui cherche l'amour. Il va évoluer, se questionner... c'est une quête identitaire. C'est un thème qui revient souvent dans mon travail et qui m'est cher. Je l'ai déjà abordé dans Bent ou encore Fairy Tale Heart. Au-delà de l'humour très présent dans Sauna, j'ai été touché par ce personnage et ce qu'il vit. On a tous ressenti, quelle que soit sa sexualité, ces interrogations des premiers émois, de nos idéaux d'adolescents qui se confrontent au monde adulte.

Vous êtes-vous inspirés des versions US ?
N. G. :
Non, notre parti pris était vraiment de repartir de zéro. La base, le texte et les chansons, n'est pas juste traduite, mais elle a fait l'objet d'une vraie adaptation pour le public français, et si les musiques restent les mêmes, François Borand a enrichi tous les arrangements. Dans les précédentes versions, il y avait quatre portes d'où les comédiens entraient et sortaient. Moi j'ai préféré un décor qui évolue avec deux éléments scénographiques - un banc et un vestiaire (pour l'idée de "sortir du placard") - qui me servent à signifier l'accueil, puis le vestiaire, le hammam, le sauna, les labyrinthes...

Comment avez-vous abordé la nudité avec tes comédiens ?
N. G. :
C'est vrai qu'il y a une nudité qui est inscrite dans le spectacle. Le premier principe qui s'est imposé à moi en tant que metteur en scène était d'éviter toute vulgarité. Il fallait suggérer plutôt que de montrer. J'ai demandé à mes interprètes de travailler surtout sur la sensualité des corps, sur une forme d'élégance à travers la nudité. J'avais aussi mes idées de lumière pour habiller leur corps. Au fil des répétitions, c'est aussi devenu un amusement, et aujourd'hui on l'oublie même parfois. Certains propos et certaines chansons qui parlent de l'intime et même parfois de pratique sexuelle me préoccupaient plus. Là encore, je voulais éviter toute forme de grossièreté, car pour moi Sauna doit être avant tout un moment drôle saupoudré d'émotions.

Laurent, vous produisez aussi un autre musical dans le même théâtre ?
L. G. :
Oui, ce qui a provoqué mon envie de produire, c'est avant tout mon amour pour la comédie musicale. J'ai évolué dans la troupe des Caramels fous et je voulais "concrétiser" un spectacle original et musical. Le Peep Musical Show s'est créé au théâtre du Bout-Rond, à Pigalle, où il se jouait tous les dimanches avec une réelle évolution sur un an et demi. C'est une création collective, qui s'est façonnée de semaine en semaine. L'idée de base était de faire rencontrer Broadway à Pigalle : les chansons sont donc toutes sur des mélodies de Broadway avec des textes dans la veine Paris-Pigalle. On est dans un style et un univers très différents de Sauna, même si l'histoire de ce marin qui arrive à la capitale et qui rencontre cette faune parisienne est aussi dans une quête.
N. G. :
Oui ce sont des solitudes qui se retrouvent dans des univers particuliers, avec émotions et humour.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 24/11/2011

-
Haut