Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

D.R.


Zadig
“Il vaut mieux hasarder un coupable que de condamner un innocent”
Gwenhaël de Gouvello signe la mise en scène et l'adaptation de "Zadig", le conte philosophique de Voltaire, qui se joue au Théâtre 13. Il revient sur sa rencontre avec ce texte et son envie de le partager et de le transmettre.
Pourquoi cette scénographie folle de chaises suspendues dans les airs ?
Visuellement ce décor s'inspire d'une étude de Van Gogh où il y a une chaise seule et suspendue dans une chambre. Dans le fond, Zadig est un conte philosophique. Un conte donc. Je voulais reprendre l'idée de la "chaise du conteur" que tu retrouvais près de la cheminée ou sur les places des villages. Ici nous sommes treize comédiens, qui avons quarante chaises pour raconter Zadig. Ces chaises se déplacent et ainsi construisent les différents lieux, tout en motivant l'imagination du public.

Comment êtes-vous venu à choisir Zadig ?

À la base j'ai fait un bac scientifique, mathématique et mécanique appliquées, donc la philosophie, ce n'était pas mon truc. Je suis venu au théâtre après, mon amour pour la littérature est donc arrivé plus tard. J'ai relu Voltaire et j'ai été très surpris. Je pense qu'avec la maturité, ta lecture n'est pas la même, j'ai redécouvert et compris des choses à côté desquelles j'étais passé quand j'étais à l'école. Ce constat, ce ressenti même, fut une expérience forte, que j'ai voulu transmettre, d'où ce besoin et cette envie d'adapter ce roman. La situation de Zadig est dans le fond assez dramatique, mais c'est en fait très drôle et c'est avant tout un conte, une quête aussi - c'est ce qui a arrêté mon choix. Je voulais une œuvre "classique" avec une résonance aujourd'hui. Ça me fascine toujours qu'un auteur arrive à dépasser les siècles, contrairement aux comédiens ou aux metteurs en scène qui peuvent avoir une renommée sur quelques générations. Il arrive à perdurer à travers le temps ainsi que son propos avec toute l'histoire et les personnages qui vont avec, c'est fascinant.

Une adaptation fidèle ou libre ?

Assez fidèle. J'ai créé deux personnages : la morale et la philosophie, et l'ensemble en fait une pièce chorale. Ce que j'aime spécialement chez Zadig, c'est qu'il reprend tous les thèmes propres à Voltaire. Le fond est d'une telle actualité : la relation de pouvoir et de considération homme-femme, la justice à travers la présomption d'innocence... Au-delà d'un constat social et humain, il y a aussi une valeur spirituelle, il relativise aussi l'être humain par rapport à l'univers. Zadig se nourrit de ses échecs, ce conte parle de l'enrichissement de l'âme à travers les rencontres - c'est profondément humaniste. C'est aussi un texte qui vient du siècle des Lumières, il y avait une effervescence, une envie pressante de penser, de confronter des idées, où l'on osait ! On envoyait des messages et on laissait les gens réfléchir, aujourd'hui on calcule plus, on veut tout justifier et aseptiser notre pensée et notre morale.
Interview par Samuel Ganes
Paru le 16/11/2011

-
Haut