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D.R.


Guy Carlier
Guy Carlier rend les armes et prend la plume ! Le sniper de la télé et de la radio se met en première ligne ! Après avoir été relativement protégé par une vitre pare-balles médiatique, Guy Carlier va au feu. Il se livre pour la première fois de sa vie sur scène. Un moment drôle et intimiste.
Il appelle le show-biz "la bétaillère". Une image sévère pour illustrer le camion de bêtes médiatiques beuglant toutes ensemble et dont il faisait partie. Guy Carlier a décidé de descendre de ce véhicule bruyant rempli d'agités. Il veut prendre son temps. Quoi de mieux que la scène pour se poser ? Égrener les souvenirs d'enfance, les premières amours et les rêves de gosse.

En prenant François Rollin à la mise en scène, il a appris à se poser. Carlier voulait des vidéos, des images, des bruits, Rollin a joué la sobriété. Carlier voulait de la vanne, du dézingage, de la blague à la sulfateuse. Rollin l'a recadré. Ici on est au théâtre, et dans le cadre ouaté du Studio des Champs-Élysées, on prend le temps de rire, de sourire et de se poser. De toute façon, Guy Carlier a déjà donné. Des années à chroniquer, se moquer souvent férocement de ses contemporains, il l'avoue : "Je me suis laissé prendre dans l'euphorie de la chronique, je ne me rendais pas compte. Au lieu de rester dans la vanne, je me suis pris pour le José Bové de la télé, le chevalier blanc qui dénonçait les Tartuffe... mais c'était vraiment l'écume de l'humour... Moi ce que j'aime c'est écrire, pas forcément être méchant. Les réactions des gens étaient trop premier degré, ce n'était pas mon truc."

Et pourtant, il pouvait croire à l'impunité : "À un moment à France Inter, quand Jean-Marie Cavada (l'ancien patron de Radio France) rapportait les plaintes des politiques, Jean-Luc Hess (patron de France Inter à l'époque) me disait 'la reine mère n'est pas contente, mais c'est pas grave continue !'" Une époque révolue ? Pas sûr que Guy Carlier pourrait encore y tailler des costards, convaincu que les pressions du pouvoir ont poussé ses ex-collègues Stéphane Guillon et Didier Porte vers la sortie : "Je crois que la douceur de la caresse du pouvoir a corrompu Jean-Luc Hess (aujourd'hui à la tête de Radio France), mais c'est normal à son âge."

Des milliers de phrases assassines disséminées sur les antennes ont laissé des traces. Certains ne l'oublieront jamais et il s'est préparé aux critiques du milieu de l'audiovisuel et du spectacle : "Certains m'ont refusé parce que je les avais taillés. Ce qui me gêne c'est Patrick Sébastien. Je m'étais moqué de lui quand il avait créé son mouvement politique, le Dard. Résultat, il ne m'a pas programmé dans son émission. C'est dommage parce que je l'aime bien." C'est tout Carlier : un flingueur avec un cœur de midinette. Qui aime bien châtie bien... même si parfois, ça a eu du mal à passer.
Portrait par Frédéric Maurice
Paru le 28/11/2011

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