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© Stage Entertainment Brinkhoff


Cabaret
Créée en 2006 aux Folies-Bergère - où elle est restée plus d'un an à l'affiche -, la comédie musicale de Stage Entertainment est de retour à Paris jusqu'à la fin de l'année. Le musical de Sam Mendès réunit à nouveau Claire Pérot, Catherine Arditi et Pierre Reggiani autour de la figure du maître de cérémonie, incarné cette saison par Emmanuel Moire, que l'on avait découvert sous les traits du Roi-Soleil dans le spectacle de Kamel Ouali, et qui a, depuis, sorti deux albums solo.
3 questions à Emmanuel Moire alias Emcee


D'où vous vient votre goût pour le chant et la comédie musicale ?


J'ai toujours été attiré par les œuvres chantées. Enfant et adolescent, j'adorais les longs-métrages Disney, comme Pocahontas ou Le Bossu de Notre-Dame, qui ne sont ni plus ni moins que des comédies musicales ! J'ai ensuite découvert d'autres monuments du genre : Grease, West Side Story... Je suis particulièrement attaché à ce registre d'expression dramatique qui sait exploiter le corps, la voix et la gestuelle au maximum de leur capacité, et qui oscille en permanence entre fraîcheur et gravité... Depuis tout-petit, j'aime me mettre en scène, devenir quelqu'un d'autre... À 20 ans, j'ai décidé de vivre de cette passion. Ce n'est pas un choix toujours facile à assumer, car il y a toujours l'incertitude du lendemain. Artistiquement, on passe par des phases qui s'enchaînent et ne se ressemblent pas, et on travaille avec des gens tantôt bienveillants, tantôt malveillants. Il faut avoir la foi, car ce métier est une remise en question artistique et humaine permanente !

Quel regard portez-vous sur Cabaret ?

Je suis très touché par les questions que pose la pièce à propos de la liberté religieuse, sexuelle ou politique. Le retour de Cabaret n'est pas anodin puisque nous vivons une époque éminemment troublée et décadente, proche par certains aspects des dernières années de la République de Weimar. Même s'il n'existe aujourd'hui aucune menace fasciste, l'avenir nous paraît tout aussi incertain et dangereux.

Et sur Emcee ?

J'étais assez sceptique quant à ma capacité d'incarner un tel personnage puisque l'on m'avait mis dans la case des chanteurs à midinettes ! Je me suis rendu compte en relevant le défi que l'on exploitait seulement 20 % de mes capacités ! Il a fallu que j'aille chercher en moi des choses profondes, animales, rentre-dedans, à la limite de la folie ou de la pulsion. C'était très violent et déstabilisant, mais au final, je me sens incroyablement vivant et libre sur scène, comme je ne l'ai sans doute jamais été !



Pierre Reggiani
est Herr Schultz

Premier prix au Conservatoire national supérieur de musique en 1975, classe de comédie musicale, Pierre Reggiani s'est illustré depuis dans de nombreux spectacles parmi lesquels on retiendra notamment Irma la douce, Hello, Dolly !, Le Capitaine Fracasse, Le Tour du monde en 80 jours ou La Belle et la Bête. "La première pièce dans laquelle je me suis produit fut Zorba le Grec - dont les auteurs n'étaient autres que John Kander et Fred Ebb, ceux-là mêmes qui ont écrit Cabaret : la boucle est bouclée ! À cette époque, je me rendais une fois par mois dans un petit cinéma de Châtelet voir le film de Bob Fosse, qui est pour moi un exemple parfait de comédie musicale accomplie : il reste quand même une histoire si l'on retire la musique. Sam Mendès a conçu son spectacle avec cette même volonté de mettre la danse et le chant au service de l'art dramatique. En revanche, comme je ne connaissais pas les versions scéniques de Cabaret et Herr Schultz n'existant pas dans le film, je n'aurais jamais pu imaginer l'incarner ! Ce personnage est d'une certaine manière l'archétype du juif allemand issu des classes populaires. Je le ressens sensible, humain, généreux, tout en émotions, et en même temps, fataliste. La scène de l'ananas illustre bien la paupérisation massive dans laquelle avait été jeté le peuple allemand : dans le contexte de 1930, offrir un tel fruit à la femme que l'on aimait, équivalait à lui offrir un diamant ! Il se battra néanmoins jusqu'au bout pour faire vivre son amour pour Fraulein Schneider. Malheureusement, la montée du nazisme détruira tous ses projets d'avenir... Jouer cette partition avec Catherine Arditi est un vrai bonheur, son grand talent de comédienne rendant mon jeu facile et agréable !"
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 26/12/2011

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