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© Philippe Gueguen


Pascal Légitimus
“Aujourd’hui encore je suis victime de discriminations !”
Après avoir passé trente ans sur scène à deux, à trois... Pascal Légitimus se retrouve seul face à son public. Pas si seul. Pour le prix d'un, on découvre qu'il y en a, finalement, deux.
Première grosse surprise, on découvre que vous n'avez pas que des origines antillaises, mais que vous êtes aussi arménien par votre mère.

D'où cet aspect "Caucase-cocotier" qui a parfois été dur à assumer. Le génocide d'un côté, l'esclavage de l'autre. C'est pour ça que pendant mon adolescence, personne ne pouvait deviner ce que j'étais vraiment. Ça allait de l'Algérie à l'Argentine. Je n'en avais parlé qu'une seule fois, c'était pendant l'émission 7/7 en 1992.

La lutte contre les discriminations fait partie de vous. Mais pourtant vous n'êtes pas un partisan du politiquement correct. Comment appelez-vous un homme noir ? Un nègre ? Un Noir ? Un Black ?

Sûrement pas un nègre. J'appelle les gens en fonction de leurs origines... un Africain, un Sénégalais... mais c'est vrai que le politiquement correct confine parfois à la bêtise. Je me souviens d'un repas très bourgeois où l'un des invités m'a demandé de lui passer le vinaigre, puis s'est excusé parce que dans "vinaigre" il y a "nègre". Il ne faut pas pousser, sinon on ne pourrait même plus dire baignoire.

La représentativité des minorités visibles à la télévision, ça vous parle ?

Ça me gêne parce que le fait qu'on en parle prouve qu'il y a un problème. Harry Roselmack n'est pas un journaliste noir, c'est d'abord un bon journaliste.

Est-ce qu'aujourd'hui encore on vous propose des projets en vous disant "il y a un bon rôle de Noir pour toi" ?

Oui, et évidemment, je les refuse. Je ne suis pas une couleur, je suis un personnage. Et je ne suis pas le seul à me plaindre de cette situation. J'en parlais récemment avec Sami Bouajila qui regrettait de ne se voir proposer que des rôles d'Arabe, malgré sa notoriété.

Êtes-vous encore victime de discriminations aujourd'hui ?

Bien sûr ! Pas en France, parce que je suis connu. Mais quand je vais aux États-Unis, dans les aéroports, je suis systématiquement fouillé, et je sais que c'est à cause de ma couleur de peau. Ils doivent penser que j'ai une bombe dans ma poche.

À propos de bombe, avez-vous eu l'occasion de prendre de très belles femmes dans votre carrière ?

Oui j'ai eu cette chance. Je me suis retrouvé avec Monica
Bellucci, Mathilda May, Philippine Leroy-Beaulieu ou Estelle Hallyday.

La notoriété vous a facilité les choses avec les filles ?

Quand on est connu, elles sont nombreuses à nous solliciter. Mais je préfère qu'on m'aime pour moi plutôt que pour ce que je représente. Si un slogan devait me résumer : "Je suis ni pute ni dupe."

Le retour des Inconnus, c'est pour bientôt ?

On en discute, mais pour le moment nous ne communiquons pas là-dessus.
Interview par Frédéric Maurice
Paru le 20/12/2011

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