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Marie-Hélène Lentini
D.R.


André le Magnifique
la comédie aux sept Molière !
Créée il y a treize ans au Tristan-Bernard, cette pièce raconte l'histoire d'un village gersois qui veut sauver son théâtre. Le maire et sa femme engagent un comédien parisien pour jouer, aux côtés d'employés municipaux, l'épopée héroïque d'un chevalier... Le public du Théâtre Michel aura la joie d'y apprécier une sacrée équipe : trois comédiens directeurs de théâtre (Didier Caron, Xavier Letourneur et Didier Constant), un comédien, Jean Fornerod, et une seule comédienne, Marie-Hélène Lentini.
Didier Caron

Comédien, auteur, metteur en scène, il a ajouté une corde à son arc en devenant actionnaire majoritaire et directeur du Théâtre Michel où se produit "André le Magnifique", comédie auréolée de sept Molière, dont il est acteur et metteur en scène.

Didier, pourquoi remonter cette pièce au lieu d'en créer une nouvelle ?

Par amour, par plaisir. J'avais vu la pièce, elle m'avait marqué. Elle était drôle, ultra bien jouée, pleine de bons sentiments ancrés dans la ruralité, pas prétentieuse... De plus, on s'y moque des comédiens et ça, j'aime beaucoup. Parallèlement à cela, trouver des bonnes pièces, ce n'est pas toujours évident. Certes, j'en écris mais je veux varier les plaisirs au Michel. Remonter un gros succès comme André le Magnifique permet de mettre le théâtre dans la lumière, en compensant le manque de "vedettes" par un excellent texte. Michel Vuillermoz a largement acté pour que j'obtienne les droits. C'est d'ailleurs une première car, jusqu'à présent, les auteurs les donnaient uniquement en province. Ils m'ont laissé leur bébé, je les en remercie encore et espère que nous serons à la hauteur !

Vous y interprétez le rôle-titre, tenu alors par Michel Vuillermoz. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

Pas mal de peur car mon illustre prédécesseur est un grand comédien. André est un jardinier un peu benêt qui endosse le rôle du chevalier dans la pièce. C'est un personnage naïf, un bon gars dont j'aime le bon sens. J'avais peut-être envie de bonté pour compenser la dureté de la vie... en tout cas, je voulais le jouer... sans trahir Vuillermoz. Aussi, je me suis préparé comme jamais. Il a créé un André prognathe, mâchoire en avant, ce qui est ultrafatigant, mais comme j'ai déjà un cheveu sur la langue, ça facilite les choses ! Pour le reste, j'ai fait comme si j'avais écrit le personnage moi-même : je me suis inventé son histoire pour pouvoir l'incarner, avec ma personnalité.

Avez-vous agi de même pour les autres comédiens ?

Non, c'est à eux de le faire. Moi, j'ai donné la ligne directrice, en un seul mot : tendresse. L'humour viendra si les personnages sont portés par ce que les comédiens ont de meilleur en eux. En ce qui concerne la mise en scène, les didascalies disent bien des choses, mon imaginaire a fait le reste. Notamment, pour faire en sorte que le public se retrouve dans le Gers, j'ai carrément désossé le théâtre !

Vous êtes entouré de comédiens que vous connaissez bien...

Oui, c'est un régal ! Il y a ceux avec qui j'ai déjà travaillé, d'autres avec qui j'avais envie de le faire. Chacun s'est imposé dans son rôle. Et, comme je suis très rieur, y compris sur scène, c'est mon défaut, j'ai peur que Didier et Xavier, en particulier, me fassent déraper, c'est honteux mais je suis sûr que je vais parfois devoir me cacher ! Bref, on se connaît tous, on s'aime beaucoup... et ça devrait se voir sur scène. Puisse cette histoire humaine apporter un peu de légèreté surtout au moment des élections où tout le monde va se foutre sur la gueule !

Xavier Letourneur

Comédien, metteur en scène et directeur artistique du Mélo d'Amélie, il entrera dans les chausses de ce comédien professionnel venu de Paris, "un type imbu de lui-même et particulièrement ringard. Lorsque j'ai passé l'audition, je me suis beaucoup amusé ! J'ai l'impression qu'il me correspond pas mal ! (Rire puissant et généreux.) Par contre, le texte est difficile à apprendre car l'auteur se prend pour Racine. Mais après Toc Toc... je peux tout apprendre ! (Rire.)". Il avait vu la pièce à sa création mais "sur le tard, après les Molière.

Je l'avais trouvée particulièrement drôle et je me suis rendu compte, en la lisant pour le rôle, qu'elle était vachement bien écrite !". De plus, il retrouve là une sacrée bande de bons camarades. "J'ai travaillé avec chacun d'eux mais, avec Didier Caron, c'est la sixième fois. Nous nous sommes rencontrés à la fin des années 80 chez Bouvard et j'ai mis en scène la première pièce dans laquelle il a joué, Les Baba-Cadres. Cette fois, il me met en scène et je me fais une joie de le retrouver au milieu d'autres bons camarades, de plateau et d'ailleurs". "C'est rigolo et l'ambiance sera bonne mais pas question de prendre ça à la légère car il ne faut pas démériter du succès reçu il y a treize ans !"

Didier Constant

Comédien et codirecteur de la Comédie Bastille, il sera Alexis le maire du village et auteur de la pièce qui doit sauver son théâtre. Pour l'occasion, il revient au Michel où il avait joué Boeing Boeing de 1999 à 2001, son premier gros Boulevard et son "premier premier rôle". Il arrive "vierge de tout", n'ayant vu ni la pièce, ni le film qui s'en est suivi mais certains signes l'ont rasséréné. Le premier ? "En lisant le texte pour la première fois, en avion, je me suis entendu demander par l'hôtesse si tout allait bien... car je pleurais de rire !" Puis "Didier Caron ne veut pas d'effets outranciers, l'humour du texte se suffit à lui-même, c'est magique".

Enfin, "c'est confortable pour un comédien d'être choisi pour un rôle : le metteur en scène nous y a visualisés car il nous correspond". D'ailleurs, originaire de Béziers, il va pouvoir jouer avec son accent naturel, utiliser des mots de patois qui sont déjà dans son vocabulaire, "j'ai l'impression de rendre hommage à mes grands-parents !" et retrouver des personnages comme il les aime, "du terroir, enthousiastes, très humains". Ainsi, Alexis, très protecteur envers ses employés est parfois agacé par eux... comme par sa femme qui regarde un peu trop l'acteur parisien. "Alors, le ton monte mais sans aucune méchanceté. C'est l'ambiance du Midi comme je la connais !"

Jean Fornerod

Originaire du Gers, il est monté à Paris pour "être dans les films qu'il voyait", mais c'est le théâtre qui lui permet surtout de montrer ce qu'il a "dans le ventre". Atelier Charles Dullin, petits boulots pour subsister, quelques années de galère et enfin un rôle dans une comédie musicale Dansons sur le film où il chante... en play-back, puis André Téchiné lui offre un rôle dans Les Égarés... jusqu'à Polisse de Maïwenn qui sort en octobre "un tout petit rôle mais qu'est-ce que je suis heureux !". Côté planches, Éric Delcourt l'engage pour jouer le guide de Hors Piste "peut-être parce que je suis arrivé en scout ? Toujours est-il qu'ils ont tous dit : c'est le con qu'il nous faut !".

Pour Didier Caron, il sera Norbert, le cantonnier du village... "le seul second rôle de la pièce !", ajoute Jean qui poursuit "et en plus il est déguisé en ours la plupart du temps ! Mais Didier, très sympa, me rend présent sur scène plus longtemps que ne le demande le rôle". Avec l'autre Didier, Constant, il a joué Chacun sa croix de Jean-Christophe Barc, mais "attention, il est du Sud et moi du Sud-Ouest, remettons les choses à leur place !" (Rire.) Xavier Letourneur l'impressionne : "Il est irrésistible avec son côté hautain, méprisant. J'espère que je défendrai bien mon beefsteak moi aussi !" Et Marie-Hélène Lentini ? "Elle est comme moi : elle est juste comédienne et n'a pas de théâtre !"

Marie-Hélène Lentini

Elle vient à peine de quitter La Cage aux folles pour retrouver avec joie Didier Caron dont elle a joué Un vrai bonheur 1 et 2. Elle endosse ici le rôle de la femme du maire. "Je suis la seule femme de la troupe, je vais me faire chouchouter... enfin !" (Rire.) Elle avait vu la pièce à sa création et garde le souvenir d'une "grande marrade" et de quelques moments cultes, "André et sa Vierge, le Chevalier et ses tirades...". Consciente de l'enjeu qu'il y a à remonter cette "comédie hyper moliérisée", elle part confiante car, dans cette pièce chorale, "chacun a une belle partition à défendre".

Pour se préparer, elle est partie un mois à Perpignan, dont elle est originaire, pour se "replonger dans l'accent catalan" et observer ses copines (qui vivent toujours là-bas) afin d'enrichir son jeu. D'ailleurs, cet accent, elle l'emmène partout, y compris chez elle. "Mon mari (le vrai, dans la vie) n'en peut plus." Les répétitions viennent de démarrer et "on passe notre temps à rire... mais on avance très vite car on bosse beaucoup ! C'est comme ça que j'aime travailler, c'est un réel plaisir". Alors, pas trop de pression ? "Isabelle Candelier, dont je reprends le rôle, a eu le Molière de la révélation. Moi je n'ai plus l'âge, alors tout va bien, pas d'affolement ! Je sens surtout que je vais me régaler. D'ailleurs, on est tous très heureux et on espère faire partager notre plaisir aux gens, c'est notre but !"
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 11/10/2011

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