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© Bruno Perroud


Marie Vincent
Une autre vieau théâtre La Bruyère
Dans ce texte de l'auteur irlandais Brian Friel, deux personnages de Tchekhov, Sonia Sérébriakova d'"Oncle Vania" et André Prozorov (le frère des fameuses "Trois Sœurs") se rencontrent fortuitement dans la capitale russe aux lendemains de la Révolution de 1917. Deux êtres prisonniers de leur passé qui se révèleront l'un à l'autre, entre rires et larmes. L'occasion pour nous de retrouver en cette rentrée la généreuse et talentueuse Marie Vincent - que nous avions pu voir notamment dans "La Tectonique des sentiments" d'Éric-Emmanuel Schmitt ou le "Roméo et Juliette" de Benoît Lavigne -, ici aux côtés de Roland Marchisio, et de nouveau sous la direction de Benoît Lavigne.
Qu'avez-vous ressenti en découvrant cette pièce de Brian Friel ?
Cette pièce, brillamment traduite en français par Alain Delahaye, nous avait - Benoît Lavigne, Roland Marchisio et moi-même - bouleversés, tant elle prolongeait l'œuvre de Tchekhov, que ce soit sur le plan de l'écriture, remarquable, ou des thématiques : la conscience aiguë du temps qui passe, les passions inassouvies, l'ennui, l'âme russe et ses contradictions, tiraillée entre l'envie folle de vivre, de rire, d'aimer, et sa résignation, ses non-dits... Nous avons également adoré cette pièce pour son humour corrosif, sa drôlerie et sa gravité dévastatrice. L'époque aussi, le Moscou des années 1920, est particulièrement séduisante, ainsi que les personnages, passionnés, perdus, vieillissants.

Pourriez-vous nous présenter le personnage de Sonia Sérébriakova ?

Il est captivant et étonnamment actuel. Il s'agit d'une femme forte, d'une mère courage des temps modernes, seule mais pleine de rêves. Sa dépendance à un amour impossible la fait passer à côté de sa vie... Aujourd'hui encore, je croise nombre de femmes qui vivent les mêmes douleurs et nourrissent les mêmes espoirs. Un siècle plus tard, Sonia reste proche de nous.

Dans quel environnement Benoît Lavigne a-t-il choisi de vous faire évoluer ?

L'action se situe dans l'arrière-salle d'un bar un peu vétuste. La musique, le mobilier soulignent la fin d'une époque.

Après Bed & Breakfast, vous retrouvez votre époux sur scène. Pour quelles raisons fait-il figure d'André Prozorov idéal ?

Je crois que ce rôle était pour lui ! Il possède la dimension comique d'André, sa maladresse, sa fragilité, et il a bien sûr la générosité et la sensibilité requises pour ce type de personnage.

Travaillez-vous sur d'autres projets ?

Je serai dans Merlin, un téléfilm en deux épisodes de 90 minutes, réalisé par Stéphane Kappes pour TF1, avec Gérard Jugnot, et À l'aveugle, un long-métrage de Xavier Palud, dans lequel j'interprète le chef de la police du quai des Orfèvres ! Je devrais également jouer dans une autre pièce de Brian Friel, Danser à Lughnasa mise en scène par Didier Long.
Interview par Alain Bugnard
Paru le 03/10/2011

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