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© Bruno Perroud


Autour de la folie
“Le fou se croit sage et le sage se reconnaît fou”
Après sa "Cantatrice chauve", son "Ingénu", ses "Femmes savantes" ou encore "Ce qui arrive et ce qu'on attend", la saison dernière, Arnaud Denis nous revient seul sur la scène du théâtre du Lucernaire, pour nous présenter "Autour de la folie".
On retrouve Arnaud Denis seul en scène : "Après les pièces que j'ai mises en scène et interprétées avec, parfois, une distribution importante, j'ai ressenti ce besoin de me retrouver seul, de réinventer mon rapport aux spectateurs. Avant, je préparais mes mises en scène avec des petits personnages Lego, surtout pour les grosses distributions, je faisais des dessins, et là, le procédé est différent, la mise en scène s'est faite de façon interne, plus intime. Tout monologue est un dialogue avec le public ou un soliloque avec soi-même, ici je fais les deux : adresses personnelles et, parfois, le spectateur est un personnage, il est l'Autre. J'avais besoin de me retrouver seul avec mon instrument, moi-même, à travers ces textes que je porte en moi depuis plus de six ans, les pièces se succédant, je ne le monte que maintenant, du coup il s'est peaufiné." Il y a donc plusieurs textes : "C'est un oratorio, un hommage à de grands textes - Maupassant, Shakespeare, Flaubert, Lautréamont, Karl Valentin, un poème de Michaux et une chanson de Francis Blanche. L'ensemble est parfois assez cru et sombre, et en même temps, il y a beaucoup d'humour. Il n'y a pas de personnage fixe - je pars de moi. L'envie de départ est de créer un thriller psychologique, une envie de faire peur au public - c'est une émotion peu courante au théâtre. La folie est un sujet profond et inépuisable. Je pars du principe et je m'appuie sur cette phrase d'Oliver Wendell Holmes : 'La folie est souvent la logique d'un esprit juste que l'on opprime.' Paranoïa, schizophrénie, hallucinations, des folies plus proches de nous, comme la mélancolie ou l'hystérie, pour finir dans l'absurde : il y a une vraie progression où le public peut se perdre. Ça se décale, se déglingue. Les textes sont magnifiques, c'est plein d'images, d'allégories avec ce que ça comporte d'émotions et d'humour très grinçant. Il y a une poésie incroyable dans la folie, quand il y a des gens qui parlent seuls dans le métro, je mets mes lunettes de soleil pour les observer - ça me passionne ! Cette folie, on la partage. D'ailleurs, d'un point de vue technique, ça ne tient pas à grand-chose : quand on voit des gens parler tout seuls et, qu'au final, on se rend compte qu'ils ont une oreillette et sont au téléphone... C'est ça que je veux jouer et transmettre, je ne veux pas jouer avec une camisole, la caricature du fou agité, le but c'est que le public s'identifie, qu'il se sente concerné. Je veux lui tendre un miroir, la folie est en chacun de nous. J'espère pouvoir offrir un moment inquiétant et insolite."
Zoom par Samuel Ganes
Paru le 05/08/2011

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