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© Bruno perroud


Grossesses nerveuses…
… ou enfin une gravité comique
La comédie "Grossesses nerveuses" a posé ses valises au théâtre Daunou pour tout l'été. Rencontre avec Henri Guybet, Daphnée de Quatre Barbes et Nicolas Vitiello qui jouent aux côtés d'Anémone, touchée par une Immaculée Conception, un brin mythomane.
Arrêtons-nous sur vos trois parcours, très différents.

Henri Guybet :
J'ai fait du théâtre amateur adolescent, un peu d'hôtellerie, puis mon service militaire et une partie de la guerre pour l'Algérie française - que j'ai perdue ! À mon retour, je suis allé à l'école théâtrale Charles Dullin, puis au TNP avec Jean Vilar. J'ai commencé une période de théâtre engagé, j'ai ce souvenir de La Résistible Ascension d'Arturo Ui de Brecht, ça me fascinait, je trouvais ça extraordinaire et quand je jouais, je restais spectateur de mes camarades de jeu et du texte. J'ai fait du cabaret, et on a créé avec Romain Bouteille et Coluche le Café de la Gare. Puis est arrivé le cinéma, le théâtre comique et tout s'est bien enchaîné.

Nicolas Vitiello :
Je n'ai pas connu la guerre d'Algérie. Au départ, je viens d'un milieu très modeste à Toulon, j'ai fait des études de droit, je faisais du théâtre à côté, j'ai même été pris au conservatoire régional et j'ai préféré ne pas y aller car, à l'époque, ma vision du théâtre était un peu obscure. J'ai continué à faire du théâtre amateur et je gagnais ma vie en étant banquier jusqu'à ce que Popstar change ma vie. Je vends un million de disques, je suis l'idole des jeunes à l'âge de 20 ans et quand cette aventure s'est arrêtée, j'ai continué dans le théâtre avec l'étiquette du chanteur à minettes. J'ai joué dans Love ! Valour ! Compassion !, une aventure fantastique, qui m'a décollé cette étiquette pour m'en donner une autre : celle du naturiste gay et depuis, je ne joue que des rôles de gays au théâtre (rires).

Daphnée de Quatre Barbes :
Je viens de l'Aveyron, je suis arrivée à 18 ans à Paris. J'ai fait plusieurs écoles dont Chaillot tout en étant ouvreuse dans un cinéma. C'est marrant car mon premier contrat, c'était cinq jours de tournage sur le film Lautrec pour lequel Anémone a reçu un césar. J'ai joué très longtemps la pièce Une nuit avec Sacha Guitry, il y a eu aussi la Bern Académie sur Canal+. Je fais surtout des comédies, même si mon rêve de petite fille serait de jouer une grande tragédienne, mais quand j'ai essayé, ça a fait rire tout le monde. Mon premier coup de cœur, adolescente, c'était Oh les beaux jours de Beckett, avec cette femme qui s'enfonçait dans la terre, ça me fascinait ! J'espère pouvoir jouer ça un jour.



Et la pièce...

D. de Q. B. :
On sort d'une tournée de plusieurs mois et nous voici à Paris. C'est une pure comédie, les rôles sont très simples : Henri est le mari, Nicolas joue son gendre et moi, je suis sa maîtresse - une intellectuelle qui réfléchit beaucoup avec son arrière-train. Une femme très chaude et chaleureuse.
N. V. :
Moi, je suis le mari de leur fille, mais j'aime aussi beaucoup leur fils. Il y a beaucoup d'amants dans les placards, il y a tous les codes du Boulevard.
H. G. :
Oui, ça fait beaucoup rire les gens. On appelle ça "comédie Boulevard", moi j'appelle ça un divertissement populaire. Je n'aime pas le terme "Boulevard" qui est devenu péjoratif alors qu'à une époque, le mot Boulevard c'était "Hollywood" ! Tous les comédiens voulaient se rapprocher des théâtres de Boulevard qui étaient les grands théâtres du centre avec l'Odéon et la Comédie-Française. Après, les choses évoluent...

Henri, avec plus de cinquante ans de carrière, qu'est-ce qui vous a le plus marqué ?

H. G. :
Il y a eu une pièce avec Poiret, Serrault, Carel et Jouanneau. J'étais frappé par la façon dont ces comédiens jouaient et leur capacité d'improviser, et ces gars-là m'ont appris à être heureux en scène, avant je me posais des questions sur tout, je stressais. Parfois, ils arrivaient avec leurs soucis, ils mettaient leur costume, des clowns tristes et d'un coup le rideau se levait : c'était des gamins de 16 ans ! À partir de ce moment-là, je n'ai plus eu le trac, c'est de la bêtise le trac, ça ne sert à rien ! J'allais m'amuser, à jouer à être quelqu'un d'autre. De toute façon, il n'y a aucun risque, car même si on n'est pas bon, on ne fusille pas un comédien parce qu'il est mauvais.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 30/07/2011

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