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© Nathalie Mazéas


Marina Tomé
“Déshabillez Mots” à L’Européen
Auteur, comédienne, metteur en scène de pièces de théâtre et de concerts, Marina Tomé - que nous avions découverte avec sa création "Aria di Roma", et que nous retrouverons cet hiver sur la scène des Amandiers dans "Zoltan" d'Aziz Chouaki - vient de signer la mise en scène de "Déshabillez Mots", spectacle composé à partir des chroniques que Léonore Chaix et Flor Lurienne avaient enregistrées de 2008 à 2010 pour France Inter, et dans lesquelles les deux facétieuses comédiennes avaient fait le pari d'interviewer... des mots !
En quoi le projet de Léonore Chaix et Flor Lurienne vous a-t-il séduite ?

Je ne connaissais pas leur travail quand je les ai rencontrées. Elles cherchaient alors un metteur en scène pour l'adaptation théâtrale de leurs émissions de radio. J'ai d'emblée trouvé le concept d'un journaliste interviewant un mot formidable ! J'ai ainsi écouté nombre de leurs chroniques, et l'humour et la poésie qui s'en dégageaient m'ont totalement charmée ! J'aime travailler avec des auteurs interprètes, être au service de leur écriture pour magnifier leur univers et le rendre immédiatement accessible au spectateur grâce au langage visuel de la mise en scène. Je leur ai donc proposé de placer leur duo de chroniqueuses dans un studio de radio, pour présenter visuellement l'abîme poétique que provoque la magie de l'arrivée d'un mot. Car pour accepter cette chose improbable et absurde - "un mot me parle" -, notre cerveau a besoin de rester amarré à une réalité concrète.

Comment les chroniques ont-elles été réunies pour former un spectacle cohérent ?

Je leur ai ensuite proposé de définir une thématique précise pour sélectionner les chroniques qui seraient reprises dans le spectacle. Nous avions toutes trois une préférence pour les mots qui s'adressaient à l'humain et mettaient en lumière nos fragilités, nos faiblesses, nos complexités... nos maux ! Raison pour laquelle nous avons laissé de côté les mots traitant de politique ou de choses plus concrètes afin de saisir une cohérence globale.

Quelles ont été vos propositions pour incarner un mot ?


J'ai travaillé sur l'apparition et la disparition du mot, cherchant l'image qui permettrait en une seconde de le raconter. Pas selon sa définition du dictionnaire - il ne s'agit pas d'un cours de sémantique ! -, mais selon le point de vue décalé que Léonore et Flor posent sur lui et les ressorts comiques que cette approche loufoque suggère. Le mot vient parfois défendre sa peau, comme la "pusillanimité", de moins en moins usitée dans le langage courant et qui s'inquiète de sombrer dans l'oubli ! On découvre tout à coup la face cachée possible d'un mot qui s'adresse à notre humanité. J'ai choisi d'utiliser entre les chroniques des musiques de tango électronique en provenance d'Argentine, pour laisser aux actrices le temps de basculer du rôle d'intervieweur à celui d'interviewé, et surtout permettre des envolées à la fois mystérieuses et sexy, les mots se mettant à nu...
Interview par Alain Bugnard
Paru le 20/08/2011

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