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© Bruno Perroud


Isabeau de R.
Faux Rebonds
Son seul-en-scène "Tenue correcte exigée !" l'avait révélée au public en 2003. Huit ans et 1 200 représentations plus tard, Isabeau de R. nous revient avec un duo pour lequel elle s'est adjoint la complicité du comédien Benoît Gourley. "Faux Rebonds" nous fait ainsi pénétrer l'intimité d'un couple sur plusieurs années. Le point de départ de cette symphonie conjugale, un désaccord sur l'issue d'une partie de tennis entre amis. Elle, Florence, rage que lui, Antoine, ait pu accorder la balle de match à l'équipe adverse. Et cette baballe va régulièrement rebondir de manière inattendue dans leur vie...
De quels désirs est né ce spectacle ?
D'une constatation toute simple : quand un point de désaccord, même anodin, n'est pas réglé entre deux personnes, il revient sur le tapis tôt ou tard ! Soyons fous, imaginons que ces deux personnes s'entendent vraiment bien et qu'elles aient de l'humour : le temps passant, l'allusion au fameux incident prendra des formes différentes, plus détournées, plus légères, jusqu'à devenir un jeu, voire leur private joke. Et cela peut durer des années !

Quelles questions métaphysiques profondes cette balle de match révèle-t-elle pour que Florence ne parvienne pas à la digérer ?

Métaphysique profonde... Comme vous y allez ! Non, au départ, Florence est furieuse parce qu'Antoine est de mauvaise foi. Point. Bon, il est vrai que, non seulement il désavoue sa femme, mais, en plus, il donne raison à leur amie Martine qui est, comme par hasard, hyper bien foutue. Ça l'énerve. Et ça pourrait l'inquiéter...

Quel regard avez-vous souhaité poser sur la vie à deux ?

Même si, comme disait Guitry, "le mariage c'est résoudre à deux les problèmes qu'on n'aurait pas eus tout seul", j'ai souhaité montrer un couple que cela ne dérange pas, soudé et complice. Antoine et Florence s'aiment, ils sont heureux avec leurs deux enfants, tout va bien. Pas de rupture à l'horizon, pas d'amant dans le placard... Après tout, c'est aussi du théâtre, non ?!

Comment avez-vous composé ce spectacle ?

Il s'agit d'une pièce en 13 tableaux avec, en fil rouge, cette fameuse balle de match qui rebondit de sketch en sketch et qui est prétexte à nous montrer des scènes de la vie quotidienne de n'importe quel couple actuel : chez eux en train de monter un meuble Ikea, au match de rugby de leur fils, à l'enterrement d'un vieil oncle, sur un télésiège, à un vernissage... Différences de vues, de tempéraments, de comportements. Ils se titillent, se surprennent, se cherchent, se trouvent, parfois. Même quand elle lui demande "à quoi tu penses ?" et qu'il répond "à rien" !

Quelles qualités trouvez-vous à Benoît Gourley pour l'avoir choisi comme partenaire ?

La première est certainement de me supporter ! En tout cas, jusqu'à présent... En plus, il est sympa, beau gosse (chut ! ça reste entre nous...) et il joue bien. Que demande le peuple !

Dans quel cadre allez-vous évoluer ? Quels axes avez-vous retenus pour votre mise en scène ?

C'est globalement assez sobre. Le contraire vous aurait étonné ! Et puis, comment changer une dizaine de fois le décor sans passer la soirée en coulisses ? Un magnifique porte-manteau, monté de main de maître par Antoine au début de la pièce, nous y aide. C'est quasiment le troisième personnage de la pièce. Quelques accessoires, donc, des ambiances sonores et un code couleurs...

Bientôt dix ans que vous avez plaqué la Finance ! Regrettez-vous son univers... devenu impitoyable ?!

"Non, rien de rien... Non, je ne regrette rien..." Je n'ai d'ailleurs pas plaqué la Finance parce que j'en avais assez mais parce que je voulais monter sur scène. À l'époque - en France, en tout cas -, elle n'était pas encore impitoyable. Sans doute l'est-elle devenue depuis mais je crains qu'elle ne soit pas la seule...

Souhaitez-vous nous signaler d'autres projets à venir ?

J'ai quelques sketches en préparation (sur les absurdités du monde impitoyable d'aujourd'hui, justement...), mais, pour l'instant, je me concentre sur Faux Rebonds. Sinon, j'ai eu la joie de tourner dans Plaisir de nuire, joie de décevoir, une série très drôle (avec, dans le rôle principal, une Coralie André impressionnante) qui passera sur Orange Ciné Séries en
septembre !
Interview par Alain Bugnard
Paru le 28/08/2011

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