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Olivier Martin-Salvan
D.R.


Orgueil, poursuite et décapitation
L'auteure et comédienne Marion Aubert - dont on se souvient des "Orphelines" et du "Brame des biches" - nous entraîne ici sur les chemins tortueux des angoisses métaphysiques d'une dramaturge. Décryptage de cette farce narcissique mise en scène par Marion Guerrero.
2 questions à Marion Aubert

Quel est le sujet de cette comédie "hystérique et familiale" ?


J'ai tenté de saisir les pensées, les désirs, les angoisses d'une femme - professionnelles, nocturnes et familiales -, tout en grossissant et déformant les paroles de son entourage. Je joue à la fois le rôle de l'auteure et celui de Mélodie. L'auteure est le personnage clé de la pièce. Elle se plante au milieu du plateau et tente de comprendre sa propre pièce, comme d'aucuns leur propre vie. Bien souvent, elle est piétinée, bousculée, détruite par ses personnages, les chonchons.

Elle a du mal à faire exister elle-même sa propre intrigue et disparaît alors en coulisse pour un moment... Mélodie est une enfant pétrie de fantasmes. Elle rêve d'être une adulte pleine de sexualité et entraîne dans ses jeux érotico-burlesques Julien, son pauvre petit camarade d'un après-midi.

Pourriez-vous développer le concept "chonchon" ?


Les chonchons (terme inspiré par Borgès ; créatures dangereuses et dotées de pouvoirs) sont des monstres ordinaires. Pas des criminels. Je cherche avant tout à révéler le monstre qui peut se nicher en chacun de nous. J'essaie de ne pas épargner mes personnages, mais j'ai aussi de la tendresse pour eux. En aggravant leur cas, en riant de leur monstruosité, j'essaie de la mettre au jour, de la questionner, la comprendre et l'exorciser.

Au début du spectacle, le plateau est nu, composé du fauteuil et de la table de l'auteure, et, dans le fond, des panneaux blancs. Les chonchons sont cachés derrière ces panneaux à roulette. Durant toute la pièce, ils vont les déplacer, les retourner pour symboliser différents espaces - tantôt une cuisine, un salon, une salle de bains, un cauchemar -, jusqu'à retrouver l'univers blanc de l'espace mental.


Olivier Martin-Salvan, spécimen chonchonesque

Nous avions rencontré cet ex-joueur de rugby prolixe, élève de Benjamin Lazar, pour son "opéra clownesque" Ô Carmen, créé à Paris, au Rond-Point. Après s'être illustré en janvier dernier à l'Odéon dans Le Vrai Sang, sous la direction de Valère Novarina (son metteur en scène fétiche), Olivier pénètre l'univers de la compagnie Tire pas la nappe : "Marion Aubert et Marion Guerrero m'ont vu jouer dans une pièce de Remi de Vos, 'Le Ravissement d'Adèle', dans laquelle j'interprétais le rôle de l'inspecteur nul.

Elles m'ont engagé car elles étaient aussi interpellées par mon travail sur le clown qui est l'une de mes quêtes personnelles : comment traiter le clown au théâtre sans nez rouge ? Elles m'ont ainsi confié plusieurs personnages sur cette pièce, et les principaux sont Julien et un beauf ! Je me retrouve dans la recherche, la folie et la finesse de Marion Aubert. Son écriture me fait penser à celle de Valère Novarina dans sa connaissance profonde de l'acteur et sa capacité à pousser l'interprète dans ses derniers retranchements."
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 11/06/2011

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