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© Bruno Perroud


Rémi Larrousse
Un monde d’illusion
Dans "Le Script", spectacle de "magie théâtrale", il mêle magie, théâtre, illusion, mentalisme, mime, improvisation... avec la participation active des spectateurs !
Chaque enfant a envie de devenir magicien. Qu'est-ce qui vous a permis d'aller au bout de votre rêve ?

Au cirque, j'adorais les numéros de magie à cause de ce côté secret, mystérieux. J'ai commencé avec les fameuses mallettes de magie, puis un professionnel m'a initié à des tours plus pointus et j'ai continué, y compris en faisant Sciences Po ! Dans le cadre de ces études, une année à Boston m'a donné la possibilité de prendre tous les cours que je désirais : magie, mime, impro, techniques théâtrales ! Et j'ai lu une multitude de livres sur l'illusionnisme. Après quatorze ans d'apprentissage, les soirées étudiantes me permirent de me frotter à un vrai public. Mais mon but était de construire un spectacle théâtral avec un décor, une ambiance, un univers. L'Essaïon, puis Le Funambule, me donnèrent l'occasion d'y parvenir. Et aujourd'hui, en route pour le Trévise !

La magie a un petit côté suranné, non ?

En effet, c'est un genre replié sur lui-même, souvent associé à des colombes, un chapeau, un lapin, un magicien en frac, des paillettes... Moi, je suis en jeans et chemise. J'ai voulu créer un spectacle en phase avec notre époque. J'ai donc travaillé sur une trame narrative et un personnage.

Alors, ce Script, de quoi s'agit-il ?

Je joue un comédien rêvant de jouer Molière ou Beckett, mais engagé pour un spectacle de magie. Il doit suivre un script à la lettre et doit donc faire ce qu'on lui demande. Petit à petit, il prend goût à l'affaire et pense pouvoir manipuler les gens en entrant dans leur esprit. Mais il se fait piéger. Tout lui échappe. Son stress monte, le submerge... et les spectateurs viennent à sa rescousse.

Qu'est-ce à dire ?

Tout au long du spectacle, des spectateurs montent sur scène. Cette interactivité entraîne une part d'impro, puisque leurs réactions sont imprévisibles. Là encore, j'agis différemment. Avant, le public servait de faire-valoir. On riait à ses dépens. Moi, je traite le public avec tous les égards qui lui sont dus. Pour cela, mon personnage est essentiel. Il ne sait pas plus que le public ce qui va arriver. La scène n'est plus une frontière. De toute manière, je n'oblige jamais les personnes réticentes ou timides à monter. C'est leur volonté de m'aider qui prime.

Une question me taraude : vous avez des complices dans la salle ?

Aucun ! Certes, il y a des trucages, mais l'illusion repose sur des astuces psychologiques, sur la façon dont je dirige l'attention ou "force" à penser un chiffre plutôt qu'un autre. Mais des complices, cela n'aurait pas de sens ! D'ailleurs, je lance des objets au hasard pour "désigner" les gens à qui je propose de monter sur scène. Ensuite, c'est à moi d'"interpréter", en fonction de leur attitude non verbale. Mais il y a aussi une table qui vole, des cintres qui s'emmêlent, des illusions d'optique, car la magie est multiforme. Aussi, tout le monde s'y retrouve, enfants de 4, 5 ans et ados compris !
Interview par Caroline Fabre
Paru le 15/05/2011

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