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© G.Palazon.


Jonathan Kerr…
… affronte “Moby Dick”
Sans l'avoir lu, tout le monde connaît ce roman d'Herman Melville où le capitaine Achab entraîne tout son équipage vers la mort dans le seul but de capturer le cachalot Moby Dick. De cette métaphore de notre condition humaine, Jonathan Kerr propose une version théâtrale et musicale au Vingtième Théâtre. Mettons les voiles...
Pourquoi ce choix de "Moby Dick" ?
C'est un texte qui m'avait frappé, bouleversé dans mon adolescence. Au sortir de Camille C. (cinq nominations aux Molière en 2005, le spectacle emporte celui du "spectacle inattendu"), il m'est revenu à l'esprit. Vittorio Gassman ayant fait une adaptation théâtrale juste avant sa mort, en Italie, dont j'avais vu des extraits, j'ai voulu m'y attaquer aussi. J'ai failli être marin, c'est un milieu que j'affectionne. Mon adaptation est très libre et se concentre sur un moment précis du roman qui m'a toujours intrigué : au début, ce capitaine tyrannique et métaphysicien à la fois, ne vient pas sur le pont malgré l'attente de tout son équipage. J'ai donc imaginé cette situation où un marin va le voir et lui demande pourquoi il ne monte pas. Le capitaine lui fait part alors de sa hantise de l'existence, de son amour de la mort, de son désir d'une destinée sauvage et jusqu'au-boutiste. La destinée, matérialisée par une femme que j'appelle l'Andalouse, va lui rendre visite. Là, le voyage commence vraiment et la folie gagne le navire. Le monstre n'est pas seulement cette baleine, c'est aussi l'homme et cette cruauté qui découle de ses peurs. J'ai voulu une œuvre originale qui s'inspire d'un récit populaire.

C'est un spectacle musical...

... que j'ai écrit et composé comme pour Camille C., et j'y interprète le Capitaine. Erwan Daouphars, qui avait monté Imagine-toi avec Julien Cottereau, signe ici la mise en scène. Il y a trois interprètes et trois instrumentistes : violoncelle, accordéon et harpe - qui rappelle les fanons de la baleine. J'aime le théâtre musical qui, selon moi, permet de renforcer, par la musique, la force dramatique et certains aspects métaphoriques, voire fantasmagoriques. Quand j'ai monté Carmen de Bizet, je me suis rendu compte de la manière dont l'opéra est la source du théâtre musical : on a retranscrit le roman de Mérimée en musique pour mieux le sublimer. Mais j'écris aussi du théâtre pur - comme Le Sacrifice qui sera lu au théâtre du Rond Point le 21 mars prochain. C'est une écriture plus acerbe.

L'alliance du théâtre et de la musique résume bien votre parcours ?

Oui, j'ai commencé avec Mayflower - déjà un musical sur un bateau, puis j'ai été dans le Big Bazar de Michel Fugain, et j'ai fait ensuite quelques disques, mais la chanson ne m'a toujours plu que pour sa théâtralité et, donc, son interprétation sur scène. J'ai donc évolué dans le théâtre musical ou non, sous la direction de Robert Hossein, Jean-Luc Moreau, ou encore Jérôme Savary explorant différents styles. Aujourd'hui avec Moby Dick, je veux que le public d'un théâtre - endroit fixe - soit embarqué sur un navire pour un voyage théâtral et musical mémorable.
Interview par Samuel Ganes
Paru le 01/04/2011

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