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©B.Perroud


Greg Granier
directeur de La Cible
Greg Granier est un jeune homme ambitieux. Comédien depuis plusieurs années, il a fait le grand saut en réalisant le rêve de tout artiste du spectacle vivant : avoir son propre théâtre. Il nous parle de ce nouveau lieu en plein Paris : le théâtre La Cible.
Tout d'abord Greg, revenons sur votre parcours.
Avant d'être comédien et intermittent, j'ai fait beaucoup de petits jobs et ce, depuis mes 16 ans. J'ai travaillé surtout dans la restauration - eh oui, un bon comédien c'est avant tout un bon serveur ! -, plus quelques emplois en intérim dans de nombreux domaines. On a tous honte de nos "jobs alimentaires" qui nous ont nourris, à défaut de notre art, sauf que c'est une source d'expériences inestimables qui me permet aujourd'hui de gérer ce théâtre, que j'ai quand même racheté en vendant mon appartement.

Pourquoi l'avoir nommé La Cible ?

Tout d'abord, la scène, comme la salle, est ronde comme une cible. Hormis les journées où il y a des spectacles pour enfants, c'est un café-théâtre avec une programmation à soirées ciblées : un soir "girl power", un autre gay, un axé sur le sexe, un autre où les spectacles sont en anglais...

Du café-théâtre en anglais ?

Bien sûr ! Mon spectacle La Drague pour les nuls devient French Lover for Dummies et ça cartonne. On est dans un quartier touristique en pleine expansion, Pigalle évolue : les sex-shops font place à des banques et à des restaurants, il y a un Costes qui vient d'ouvrir à côté de La Cigale, c'est très surveillé. Il y a le théâtre de Dix Heures, la Comédie de Paris, le théâtre Fontaine, La Nouvelle Ève... C'est une artère qui s'ouvre et ce quartier pourrait devenir celui de l'humour tout comme l'a été le Marais dans les années 80.

Ce théâtre est un ancien peep-show, non ?

À l'origine, oui, puis il est devenu un théâtre depuis quelques années que je reprends aujourd'hui. Cette salle ronde casse les barrières entre l'artiste et le public - le dispositif en arène permet d'être dans une bulle où ils se voient dans une proximité et une forte promiscuité. C'est une salle magique où le rire est très communicatif, ce n'est pas un hasard si, tous les ans, il y a un humoriste qui perce et qui sort de ce lieu : Gaspard Proust, Shirley Souagnon, Baptiste Lecaplain... Je veux gérer ce théâtre comme une compagnie, avec des artistes qui sont là pour évoluer ensemble, et pas un de ces énièmes garages tenus par un négrier d'artistes sans morale. Je n'accepte pas le fait que des artistes qui travaillent ne gagnent rien, ou même pire : qu'ils dépensent de l'argent pour jouer ! Et c'est de plus en plus courant, au point qu'on voit tout et n'importe quoi. Moi, je veux des spectacles et des artistes de qualité. On ne doit plus accepter ce genre de lieu à Paris. En France, il faut conserver nos valeurs à savoir : la culture, la bonne bouffe et notre réputation de chauds lapins !
Interview par Samuel Ganes
Paru le 19/04/2011

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