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© Laurencine Lot


Parce que je la vole bien
Toute ressemblance avec des personnages existants est… intentionnelle, pour mieux en rire !
Cela n'échappe à personne, Laurent Ruquier, talentueux homme de télé et de radio, est depuis plusieurs années un auteur de théâtre qui compte. Aujourd'hui, il signe "Parce que je la vole bien", parodie d'un célèbre slogan publicitaire qui annonce sans fard son sujet : l'affaire Bettencourt-Banier !
Laurent Ruquier

Avant de parler de votre pièce, une question me taraude : comment arrivez-vous à tout faire ?

Oh, en général, c'est sans problème car je suis bien entouré et très organisé. Quand je n'enregistre pas mes émissions, je remplis les cases vides : je dors cinq à six heures, j'écris, je produis Michael Gregorio et Gaspard Proust... et je prépare les émissions. Mais c'est plus compliqué en ce moment, à cause de la promotion de la pièce.

Vous avez choisi un sujet plutôt brûlant. N'est-ce pas prendre le risque d'un procès ?

Je ne le pense pas. Liliane Bettencourt y est très bien traitée et s'en sort plutôt avec une image agréable. D'abord, on la rajeunit puisque Catherine Arditi joue son rôle ! Banier pourrait éventuellement plus mal le prendre. Mais je crois qu'il a suffisamment d'humour... et puis, l'essentiel n'est-il pas qu'on parle de lui ?

Vous serrez de très près à la réalité ?

J'ai réellement étudié l'affaire et me suis servi des relations entre Mme Bettencourt et François-Marie Banier. Mais je fais du théâtre pas du documentaire et mon but est de faire rire ! Même si l'affaire est déjà drôle en soi, ça ne suffirait pas. C'est bien une satire. Les personnages ne sont pas à l'identique des personnes dont je suis parti. Le public, connaissant l'histoire, en rira d'autant plus, même s'il comprendra très vite que ça ne peut pas être véridique au vu des choses réellement insensées qui, d'évidence, sortent tout droit de mon imagination !

Sur scène, personne de votre "bande". Uniquement des comédiens avérés. Est-ce votre volonté ?

Ça l'est depuis le début ! C'est parce que les comédiens ne voulaient pas jouer mes textes que j'ai d'abord fait appel à ma bande. Il y a encore une petite étiquette "Laurent Ruquier de la télé" et je ne sais pas combien de succès je devrai encore signer pour convaincre certains comédiens... et théâtres. Certes, si on est fils de c'est plus facile. Or ce n'est pas mon cas. Rien n'a été facile pour moi, ni à la télé ni à la radio. Rien ne m'est tombé tout cuit ! Et puis, je l'avoue, je ne suis pas très bon en entregent. Heureusement, je manque de temps car si je pouvais multiplier déjeuners et ronds de jambe... ce serait à contrecœur. En fait, je suis suffisamment prétentieux pour penser que mon travail peut se vendre sans que j'aie à jouer les VRP ! Mais les comédiens font de moins en moins la fine bouche. Et une chose me rend particulièrement heureux : ceux qui ont travaillé avec moi ont plaisir à revenir, comme ici Catherine Arditi. Et pour éviter tout malentendu, je précise qu'Ariel Wizman a joué Good Canary au théâtre, avec Cristiana Reali et Vincent Elbaz. Son personnage de dandy mondain, rare aujourd'hui, collait parfaitement au rôle de François-Marie Banier.

Vous avez une exigence particulière ?

Dans le passé, je me suis fait tailler sur des choses que je n'avais pas écrites et ça c'est fini. À présent, je suis très regardant sur mon texte. Bien sûr, pas au mot près. S'il s'agit d'une amélioration, je suis prêt à accepter une proposition et, pour cela, comme pour la mise en scène, je fais toute confiance à Jean-Luc Moreau !


Aux côtés du couple Catherine Arditi-Ariel Wizman, se trouvent notamment Armelle et Olivier Pajot,
rencontrés entre deux répétitions.

Quel est votre rôle ?
Armelle :
Dans la famille Bettencourt, je suis la fille, l'héritière, la méchante. Je la joue enchaînée, écrasée. Assez psychorigide, elle est en souffrance et si elle ne s'amuse pas, amuse beaucoup. Ce n'est pas du tout ce que j'aimerais être dans la vie, mais c'est jubilatoire à interpréter.
Olivier Pajot : Je suis le gendre, nettement moins connu du grand public. Pour lui, on reste entre nous et le pognon reste chez nous. Ce n'est pas un affreux pour autant, mais les affaires sont les affaires ! Il veille au grain sur la belle-mère et fait l'inventaire de ses biens en permanence.


Essayez-vous de coller à la réalité ?
Armelle :
Je ne cherche absolument pas à ressembler à la vraie, même si celle-ci m'a aidée à prendre conscience des enjeux que le personnage véhicule. Nous sommes ici en pleine fiction et travaillons dans le burlesque et la fantaisie.
O. P. :
Pas du tout. On est dans une comédie qui me fait penser à Molière et son mamamouchi. Je ne compare pas Laurent à Molière, il en serait sans doute le premier fâché ! Toutefois, comme lui, il a pris un fait de société et l'a organisé pour faire rire.

Qu'est-ce qui vous plaît particulièrement au théâtre et, notamment, dans la comédie ?
Armelle :
La scène, c'est excitant ! C'est un grand oubli de soi et un lien direct avec le public qui nous envoie plein de vibrations. C'est aussi un rendez-vous quotidien et rassurant avec une bande de copains. Cela nécessite encore une discipline à laquelle on se prépare comme un sportif, c'est structurant. Faire rire est une émotion positive très forte et sympathique liée au plaisir, comme un bon gâteau ou un câlin. D'ailleurs, Jean-Luc Moreau a totalement compris tout cela. Il nous met en place avec douceur et une précision extrême, pour mieux faire surgir le rire.
O. P. : J'adore le travail de répétition. C'est comme préparer un plat. On mélange des ingrédients, on le prépare. Jouer, c'est le faire goûter aux autres et quand on sent leur plaisir c'est formidable ! Et provoquer le rire, en être l'élément déclencheur, c'est jouissif !
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 26/04/2011

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