Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

©ifou pour le Polemedia


Pour l’amour de Gérard Philipe
La nouvelle pièce de Pierre Notte - dont il a lui-même assuré la mise en scène - réunit Bernard Alane, Romain Apelbaum, Sophie Artur et Emma de Caunes autour de Raphaël, qui tient ici le rôle de Philippe Gérard, jeune homme ainsi baptisé par sa mère en raison de la carrière qu'elle rêvait de le voir épouser. Mais l'infirmité dont il souffre le conduira sur d'autres chemins, qui se révéleront, peut-être, tout aussi lumineux.

Raphaël
L'une des surprises de la nouvelle création de l'auteur des Couteaux dans le dos est sans conteste le chanteur Raphaël qui fera, ici, ses premiers pas sur scène en tant que comédien, après être apparu pour la première fois au cinéma en 2010 dans Ces amours-là de Claude Lelouch : "J'ai été un peu étonné de recevoir cette pièce chez moi, mais comme j'en ai trouvé l'histoire très belle avec une portée universelle - un vrai conte poétique qui ne s'embarrasse pas de réalisme -, j'ai accepté de rencontrer son auteur qui m'a immédiatement fait travailler ! J'ai été nul, lui m'a trouvé bien... Il faut dire que son théâtre est tellement bizarre, bricolé et décalé, qu'un mec qui n'est pas acteur - et même assez mauvais acteur ! -, peut y avoir sa place ! Quoi qu'il en soit, ce sera pour moi une expérience enrichissante et passionnante !" Raphaël incarne le personnage central de la pièce, le jeune Philippe Gérard : "Il a un défaut de fabrication : au lieu d'avoir dix doigts, il n'en a que deux. Ce qui a fortement contrarié ses parents : son père rêvait de faire de lui un grand militaire, et sa mère le fantasmait en jeune premier. Autrement dit, il a un peu déçu tout le monde. Le père est mort quand débute la pièce (on comprend qu'il a plus ou moins été tué par la mère) et le fils est devenu musicien : il est joueur de cristal. Son handicap lui aura donné son talent : ce qu'il avait de plus monstrueux aura finalement révélé ce qu'il y a de plus beau en lui... J'ai également été très sensible au secret qu'il cache : la pudeur qui en découle le fait parfois passer pour un sale type. Et s'il peut paraître très frais, très innocent, il est plus malin qu'il n'en a l'air !"

Emma de Caunes

On a pu la voir dans La Nuit du thermomètre de Diastème à Marigny, au cinéma dans Rien dans les poches de Marion Vernoux ou La Science des rêves de Michel Gondry, a, quant à elle, hérité du rôle de Bibi Vogler, la patronne du cirque dans lequel échoue Philippe Gérard : "Elle est l'épouse de Max Vogler et la tenancière de l'un des derniers cirques traditionnels français avec animaux. Dès que le couple rencontre le jeune homme et lui propose de l'embarquer dans sa petite vie de forains, Bibi se sent fascinée par sa nouvelle recrue. Son intérêt pour le jeune homme ira croissant, notamment quand il réussira à dompter un ours que Max pensait très dangereux - ce qui va finir par lui poser des cas de conscience au regard de sa situation conjugale ! Bibi me rappelle par moments la Giulietta Masina de 'La Strada' : c'est une femme très énergique qui mène son petit monde tambour battant... La pièce illustre les rêves déchus de parents ayant transposé sur leurs enfants tous leurs manques, et qui auraient voulu pour eux un destin tracé selon leurs propres désirs. C'est aussi une pièce qui traite de l'identité, notamment par le prisme du vedettariat : n'est-il pas plus important de devenir soi-même que quelqu'un ? J'avais très envie de théâtre et y revenir par un univers aussi fou et déstructuré que celui de Pierre Notte est un délice ! Je ne le connaissais qu'à travers 'Moi aussi je suis Catherine Deneuve' et notre rencontre m'a permis de découvrir son travail dans une plus large mesure, une œuvre construite avec un sens particulier du rythme, de l'humour et de l'incongruité, qui la rend étonnamment moderne et inventive, l'antithèse du théâtre classique. L'audace de Pierre est aussi de savoir mélanger des personnalités venant d'univers radicalement différents, comme c'est le cas ici. Pour le moment, la mayonnaise prend plutôt bien... sans risques a priori de tourner au vinaigre !"
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 13/04/2011

-
Haut