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© Bruno Perroud


Denis d’Arcangelo
“Si tu crois aux fées, bats des mains !”
Après "Le Cabaret des hommes perdus", Denis d'Arcangelo retrouve le metteur en scène Jean-Luc Revol pour "La Nuit d'Elliot Fall" qui se joue au Vingtième Théâtre. Créateur du personnage Madame Raymonde (reprise en février 2011 au Vingtième Théâtre) qu'il interprète de par le monde depuis 1988, il nous revient sous les traits de la bonne fée Préciosa.
Parlez-nous un peu de cette Préciosa.
C'est une bonne fée qui va aider Elliot Fall dans sa quête. Moi j'y vois une fée moderne, que j'interprète un peu boulevardière avec, parfois, une adresse au public, on est dans le théâtre forain. Elle est un peu la coccinelle de Gotlib, le maître de cérémonie du cabaret, c'est le fil rouge... On est dans l'univers du conte et, dans ce registre, on a tous nos références personnelles, éclectiques en fonction de notre nature, de notre culture, notre passé - qu'on soit interprète ou spectateur. Il y a une vraie poésie dans ce texte, c'est drôle et onirique. Moi, je crois aux fées !

C'est une figure qui s'ajoute à toutes ces femmes que vous avez interprétées.

Oui. Il s'avère que depuis quelques années je ne fais que des rôles de femmes, c'est un hasard de l'offre et de la demande, ça m'amuse de le faire mais ce n'est pas un engouement. Pour moi, elles sont toutes très différentes, même si certains disent que Préciosa est une déclinaison de Madame Raymonde. J'ai cette gouaille et un physique qui font qu'elles doivent effectivement être en lien. D'ailleurs, Jean-Luc Revol s'inspire toujours beaucoup de ses interprètes, il exploite leurs facettes, leurs talents. Comme pour Le Cabaret des hommes perdus, il a proposé à un auteur, une histoire avec des personnages et des artistes pour les interpréter. Ce qui est un luxe inouï pour nous - avoir des personnages surmesure !

Et Madame Raymonde ?

Elle se prépare pour le 9 juin, salle Gaveau. Mais vous savez, à la base, je voulais juste faire un tour de chant et j'ai choisi ce personnage, qui est aujourd'hui comme mon double. Je voulais une femme car j'ai vite compris que dans le répertoire des chansons réalistes des années 1920 à 1940, celui des femmes était plus riche. Il y a une forme de militantisme, il y a plus de fêlures, de combats, plus de romantisme aussi. Il y a aussi une force, une virilité féminine.

D'où vous vient cette culture, justement ?

Du cabaret où j'ai beaucoup vu et entendu de chansons, beaucoup appris et, puis surtout, de mon grand ami Philippe Bilheur, qui est une encyclopédie à lui seul de cette époque. Nous chantions beaucoup dans la rue, c'est avec lui que nous sommes allés sous les fenêtres d'Arletty avec un orgue de barbarie et du lilas, pour fêter ses 90 ans. Elle est alors apparue, nous a invités à rentrer et on est allé la voir chaque mois, et ce, pendant quatre ans, jusqu'à sa disparition. Elle nous a tellement apporté. Tout naturellement, j'ai baptisé mon personnage Madame Raymonde car c'est le nom qu'elle avait dans le film Hôtel du nord.
Interview par Samuel Ganes
Paru le 07/02/2011

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