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© Bruno Perroud


Cesare Capitani Moi, Caravage
“Caravage éclaire sa peinture comme on le ferait au théâtre”
Depuis le 8 décembre, Cesare Capitani raconte le peintre Caravage dans un très beau spectacle au Lucernaire, "Moi, Caravage". Passionné par le personnage autant que par sa peinture, le comédien donne à découvrir un homme sulfureux, qui dérangeait son siècle.
Pourquoi Caravage ?
J'ai toujours aimé le Caravage. Je suis milanais, donc lombard comme lui. Certains de ses tableaux, à la Pinacothèque de la Brera de Milan, font de lui un peintre très présent. Il m'a toujours fasciné ; j'avais sur lui un regard de passionné mais pas de connaisseur. Il y a une telle force dans ses tableaux que je voulais savoir qui était l'homme qui les avait peints. J'ai lu en 2007 le roman de Dominique Fernandez La Course à l'abîme, et j'ai trouvé là la matière que je cherchais. Fernandez part des tableaux pour combler ce que l'on ne connaît pas de Caravage. J'ai travaillé avec lui à une version scénique tirée de son roman. Je me retrouve comédien et aussi auteur...

Comment rendre compte de la vie et l'œuvre du peintre dans un spectacle ?

Ce roman a quelque chose de cinématographique. C'est une prise de parole, à la première personne, de Caravage qui raconte sa vie. Mais il commence par la fin ! Il est mort, et il parle. C'est un fantôme, comme dans Sunset Boulevard, il vient pour revivre son enfance, ses débuts dans la peinture. Il est déjà habité par la mort, alors qu'il commence à raconter. Je ne voulais pas être seul sur scène, ni que ce soit un monologue. Une comédienne chanteuse, Martine Midoux, m'accompagne au long du spectacle avec des chansons, des voix de plusieurs personnages, et moi je suis le Caravage qui - comme il revit sa vie - évoque des personnages qu'il a croisés : inquisiteur, cardinal protecteur...

La lumière du spectacle, signée Bernard Martinelli, rappelle-t-elle celle des toiles de l'artiste ?

Oui, l'éclairage dans les tableaux de Caravage était révolutionnaire pour l'époque. La lumière est un personnage dans cette peinture, elle n'est pas naturaliste. Un sujet peut être éclairé à la fois de côté et de face. Caravage éclaire comme on le ferait au théâtre ou au cinéma, il triche en concentrant des sources de lumière en plusieurs endroits. C'était exceptionnel pour l'Italie où la période maniériste faisait fureur. Léonard de Vinci avait apporté le sfumato où il y avait peu de contrastes. Tout à coup, un peintre lombard, Savoldo, peint un tableau noir avec quelques lumières sur les personnages, que Caravage a certainement vu. Sa peinture sera très éloignée du goût de l'époque, considérée comme choquante. Il a dit lui-même que le vrai peintre est celui qui sait bien reproduire les choses de la nature. Pas inventer, mais reproduire. C'est ains de ses tableaux, à la Pinacothèque de la Brera de Milan, font de lui un peintre très présent. Il m'a toujours fasciné ; j'avais sur lui un regard de passionné mais pas de connaisseur. Il y a une telle force dans ses tableaux que je voulais savoir qui était l'homme qui les avait peints. J'ai lu en 2007 le roman de Dominique Fernandez La Course à l'abîme, et j'ai trouvé là la matière que je cherchais. Fernandez part des tableaux pour combler ce que l'on ne connaît pas de Caravage. J'ai travaillé avec lui à une version scénique tirée de son roman. Je me retrouve comédien et aussi auteur...
Interview par François Varlin
Paru le 13/01/2011

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MOI CARAVAGE   (60 notes)
THÉÂTRE DU LUCERNAIRE
Jusqu'au dimanche 12 mars

C. DRAMA. Un fascinant autoportrait en clair-obscur de Michelangelo Merisi, dit Caravage. La confession palpitante de l’artiste maudit, placée sous le signe du double et ponctuée comme dans un rêve éveillé par des chants a cappella.


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