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© Dan Aucante


Magali Léris metteure en scène de “Roméo et Juliette”
“Shakespeare, pour un metteur en scène, c’est de l’imaginaire offert sur un plateau d’argent !”
En seulement quatre jours, ils vivent l'histoire d'amour de toute une vie... Magali Léris met en scène "Roméo et Juliette" au Théâtre des Quartiers d'Ivry, dans une nouvelle traduction de Blandine Pélissier.
Après de nombreux textes contemporains, qu'est-ce qui vous a décidée à vous diriger vers une pièce de Shakespeare ?
C'est la force, la puissance de cette écriture. Lorsque je lis Shakespeare, j'ai l'impression de découvrir un monde, celui de la langue, le monde des mots, la planète de l'écrit. Lorsque j'étais actrice, j'ai eu l'occasion de jouer du Shakespeare. Des années après, au moment de commencer mon travail de mise en scène, j'ai redécouvert cette écriture en me demandant comment j'allais pouvoir raconter tout cela au public. Mon imaginaire s'est alors mis en route en s'appuyant sur la puissance liée à l'écrit, aux mots, aux situations... Shakespeare, pour un metteur en scène, c'est de l'imaginaire offert sur un plateau d'argent !

Quelle est, pour vous, la ligne dramaturgique centrale de Roméo et Juliette ?

C'est la temporalité. Roméo et Juliette est une aventure d'amour mythique qui se passe dans un temps très court. Lors de ce travail, je me suis posé une question : si tout va si vite, est-ce que la mise en scène doit retranscrire cette vitesse, et comment ? Shakespeare a imprimé à sa pièce le rythme cardiaque des adolescents dont il parle, qui ont 14 et 15 ans.

Quel ton avez-vous souhaité donner à cette pièce ?

Un ton lié à ce rythme, à cette rapidité qui correspond, pour moi, à la rapidité de pensée de tous les personnages. Mais j'ai aussi essayé de faire en sorte que la représentation respecte le poème lent, lyrique, si puissamment lié aux mots que l'on doit entendre.

Pourquoi avoir demandé à Blandine Pélissier d'écrire une nouvelle traduction de Roméo et Juliette ?

D'abord, parce que j'aime son travail de traductrice. Et puis, parce que je voulais qu'on entende le côté trivial, l'humour terre-à-terre, souvent cru, très orienté sexuellement de la pièce de Shakespeare. On porte souvent sur Roméo et Juliette un regard édulcoré. Or, il ne s'agit pas que d'une tragédie. C'est aussi une comédie et j'avais envie qu'on l'entende. Quand, dans la première partie de la pièce, les spectateurs rient franchement, j'ai l'impression d'être fidèle à l'esprit de l'auteur. Blandine Pélissier a très bien compris que je ne cherchais pas à moderniser Shakespeare. Shakespeare n'a pas besoin d'être modernisé, il est moderne en soi. Elle a réalisé un travail remarquable. Sa traduction s'approche vraiment, je le crois, de l'esprit du grand William Shakespeare.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 09/01/2011

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