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© Bruno Perroud


Mathieu Bisson
Le “French Cerebral Dandy”
Mathieu Bisson nous revient sur les planches cette saison avec deux pièces : actuellement dans "Hitch" au théâtre du Lucernaire où il incarne François Truffaut face à Hitchcock et, dans "Frères du bled", début mars au Vingtième Théâtre.
Hitch est une pièce historique ?
En quelque sorte, c'est surtout une comédie à suspense. Truffaut, encore au début de sa carrière, en 1962, sollicite Hitchcock et lui rend visite pendant une semaine, afin de faire un livre sur son œuvre : Le Cinéma selon Hitchkock - livre culte pour les cinéphiles, qu'ils appellent d'ailleurs le "Hitch book". La pièce raconte sur le ton de la comédie les coulisses de cette rencontre et en tire une fiction, mais qui s'appuie sur des faits réels. Un jeune réalisateur qui n'a que trois films à son actif affronte un vieux génie qui a plus de 60 ans, en fin de carrière et qui n'est pas du tout décidé à livrer ses secrets si facilement... La pièce est écrite par deux connaisseurs : Alain Riou, le célèbre journaliste du Masque et La Plume et Stéphane Boulan.

Comment avez-vous préparé ce rôle ?

Je me suis rendu compte que je ne savais pas grand-chose de Truffaut, ce mythe du cinéma français. J'ai donc dû rattraper mon retard ! C'est inévitable quand on va incarner une personne qui a existé. J'ai vu ou revu beaucoup de ses films et lu la biographie d'Antoine de Baecque et Serge Toubiana, qui fait plus de 800 pages... indispensable ! J'ai lu et visionné ses interviews de l'époque. Au début, j'essayais de l'imiter (mal !) sous ma douche et, puis, finalement, en répétitions, on s'est dit que c'était plus intéressant d'être dans l'esprit du personnage que dans la lettre. Et puis après tout, les gens n'ont pas une image de Truffaut si précise que ça. Ce n'est pas comme Hitchcock ! D'ailleurs, Joe Sheridan, qui l'incarne, a une ressemblance physique incroyable. Il est très impressionnant.

Vous aviez joué François Mitterrand jeune pour la télévision...

Oui, dans le docu-fiction de Serge Moati, Mitterrand à Vichy. Je retrouve les mêmes inquiétudes et le même plaisir. Quand on interprète quelqu'un qui a existé, il faut respecter ce qu'il était, sans se perdre dans une parodie... Il faut essayer de trouver un juste milieu. Ce n'est pas facile. D'ailleurs, Truffaut et Mitterrand ne sont pas si éloignés. Ce sont deux cérébraux, intellos, brillants, très volontaires, libres dans leur pensée tout en étant très blessés. Mais au-delà des personnages, c'est une très jolie pièce sur la pudeur de l'artiste qui a du mal à se livrer, sur la transmission, presque une métaphore sur la relation père-fils tout en étant très drôle. Les gens rient beaucoup. Il n'y a pas besoin d'être cinéphile pour apprécier ce spectacle.

Et Frères du bled ?

Changement de décor! C'est une histoire de famille, avec des secrets qui remontent à la guerre d'Algérie. C'est très universel. On me donne toujours des personnages intellos, classes supérieures et bien là, le personnage est terrien, impulsif. C'est presque un contre-emploi. Il n'y a que le théâtre qui offre de telles opportunités.
Interview par Samuel Ganes
Paru le 22/01/2011

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