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© Bruno Perroud


Warren Zavatta
Sur scène, il a trouvé sa place
Quand, Warren Zavatta raconte ses rapports plus que conflictuels avec son grand-père, le célèbre Achille Zavatta, le cirque et le théâtre, on est mort de rire, ému et béat d'admiration. Il commence l'année à la Gaîté-Montparnasse, ne le ratez pas !
Sur scène Warren, vous avez mis longtemps à écrire ce spectacle ?
J'ai mis une vie ! L'idée a germé très vite car j'en avais besoin mais ça a mis du temps à mûrir en moi, puis sur le papier. J'ai écrit, écrit... et épuré comme un dingue car, dans mon premier jet, je faisais du fil de fer, du trapèze et d'autres trucs techniquement impossibles au théâtre. Heureusement, car il est suffisamment physique tel qu'il est et, malgré ma très bonne condition sportive et la discipline de vie qui va avec, je ne pourrais plus assurer aujourd'hui !

Vous balancez pas mal sur le monde du cirque. Comment le prend-on dans le milieu ?

Les mecs du cirque qui viennent rient beaucoup, mais ils trouvent bizarres les rires du public. Par contre, je suis très mal vu de tous ceux qui ne viennent pas. Vivre sur la route, c'est compliqué, ça développe un caractère spécial. Moi, je connais, donc ça ne me touche pas.

S'agit-il d'un gros coup de gueule ou d'un hommage ?

Des deux à la fois. De l'amour et de la haine. Tant vis-à-vis d'Achille Zavatta que du cirque et du théâtre. Mon grand-père était un clown aimé et admiré par tous, mais il n'a pas assuré en famille, sa descendance a morflé et je n'ai jamais obtenu son aval professionnel. Je suis né au cirque, l'ai rejeté mais y suis revenu pour, par exemple, apprendre à jongler pour mon spectacle. J'ai toujours voulu faire du théâtre, pour servir les grands auteurs, mais je me retrouve seul sur scène à faire rire... comme mon grand-père ! Ces contradictions étant invivables, j'ai pris le parti d'en rire. Je me moque donc beaucoup de moi.

Est-ce à dire que cela fonctionne comme une thérapie ?

Non. Au contraire, on peut même dire que je cultive quelque chose de pas cool quand je suis sur scène car je suis incapable de mettre de la distance entre mon personnage et moi ? Quand je jouais un héros déprimé de Tchekhov, je devenais moi-même totalement dépressif. Alors comme ici, en plus, il s'agit de moi, tout est décuplé. Par exemple, le fait de recevoir un tel accueil de la part du public me procure un plaisir à la hauteur de l'anxiété que je peux avoir. Et j'y vais tellement à fond que je laisse un bout de moi sur scène, soir après soir. Du coup, c'est très cher payé... mais personne ne m'y oblige !

Vous avez aujourd'hui un producteur, Dany Boon. Comment a commencé votre collaboration ?

Il est venu me voir au Trévise. Nous avons parlé, pas obligatoirement de mon spectacle d'ailleurs. Je me suis tout de suite senti à l'aise avec lui car c'est un artiste. Il ne me met pas la pression. Il me respecte. Grâce à lui, je vais jouer tous les soirs, c'est la première fois que ça m'arrive !

Enfin sédentaire alors ?

Non, car je resterai toujours mi-romano mi-sédentaire. Je n'ai donc jamais été chez moi nulle part... à part sur scène, peut-être...
Interview par Caroline Fabre
Paru le 11/02/2011

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