Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

D.R.


Sophia Aram
Femme libérée pour sujet gonflé
Après nous avoir fait rire aux éclats en racontant l'histoire d'un suicide à la maternelle, le nouveau spectacle de Sophia Aram, à voir en cette rentrée au Trévise, traite de la religion, sujet qui ne prête pas plus à rire, en principe !
Pourquoi cette Crise de foi ?
Depuis ma plus tendre enfance, on m'a fait peur avec ce Dieu punisseur et omniprésent. Je devais me méfier de ce type coléreux car il voyait tout... je supposais même que je ne pouvais pas me mettre toute nue de peur qu'il me mate ! Puis, je me suis mariée avec quelqu'un alors que nos religions nous interdisaient de nous aimer. Je vis donc chaque jour dans le péché. Peu à peu, ce sujet s'est imposé à nous (j'écris avec mon mari), puisque je suis athée d'éducation musulmane, vis avec un protestant athée, et que notre fils porte un prénom hébreux. D'ailleurs, je mets beaucoup de moi dans ce spectacle, je m'implique bien plus que dans le premier. Je donne mon point de vue, notamment sur la liberté de croire ou non, de pratiquer ou pas, et reste persuadée que la cohabitation entre tous les peuples est possible... si l'on met la religion de côté ! Et surtout, j'essaie de rassurer les gens... pour qu'ils n'aient plus peur de Dieu !

Sur quelles religions appuyez-vous votre propos ?

Sur la religion musulmane, la religion catholique et la religion judaïque. Autrement dit, trois religions monothéistes... dire cela c'est déjà être dans la contradiction et ça m'amuse beaucoup ! Je "tape" équitablement sur chacune. Ayant un grand respect pour les croyants, de quelque confession qu'ils soient, je ne les attaque jamais, pour ne blesser personne. Je souligne plutôt les aberrations qu'il peut y avoir dans chaque culte, en prenant au pied de la lettre le Nouveau et l'Ancien Testament. Cela permet de déceler des situations ubuesques, sans stigmatiser personne, même pas Dieu... s'il existe. Je le remercie même d'avoir pris le temps de me donner un clitoris. Quel souci du détail du ludique de sa part !

Un hymne au plaisir féminin dans un spectacle sur les religions ?

Je me suis rendu compte en jouant que mon propos était très féministe. En effet, les textes fondateurs ont été écrits par des hommes. Dieu y est le chef de l'homme... et l'homme, celui de la femme. Il faut donc s'écarter de ces textes pour trouver la femme... et la liberté. L'obligation de rester vierge jusqu'au mariage est pour moi aussi aberrante que de ne pas pouvoir manger un cheeseburger sous prétexte que le lait ayant servi à fabriquer le fromage pourrait être celui de la mère du bœuf qui est dans le steak ! J'égratigne d'autres absurdités de ce genre. Par exemple, il y a toujours un imam, un prêtre ou un rabbin pour dire lors d'un enterrement que Dieu a rappelé à lui le défunt... mais que penser d'un malade qui agonise... Dieu se tâterait-il ?

Y a-t-il à nouveau des personnages ?

Je n'ai pas pu m'en empêcher ! Il y a surtout des femmes, dont une qui, au cas où, pratique les trois religions de front, une autre, une animatrice de show télé canadienne qui raconte la Genèse... et un ange, asexué bien sûr, mais gaucho et remonté contre son patron qui lui impose des cadences infernales. Car tout ça, bien sûr, n'est pas sérieux. Pour preuve, les rires que provoque Crise de foi, plus fournis encore, à ma grande surprise, que dans l'ancien spectacle !
Interview par Caroline Fabre
Paru le 29/12/2010

-
Haut