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Flannan Obé
Bruno Perroud


La Nuit d’Elliot Fall
Au château de Moon Island, l'héritière de la milliardaire Von Leska se transforme petit à petit en buisson. Impuissant, le médecin de famille s'en remet à une légende exhumée d'un grimoire : seul le baiser d'un jeune homme pourra délivrer la belle Mimi de sa lente agonie. Commence alors pour Elliot Fall, sauveur désigné et croque-mort de son état, un long voyage au bout de la nuit peuplé de créatures perfides. Pour sa nouvelle comédie musicale en forme de conte initiatique, Jean-Luc Revol a réuni quelques-uns des meilleurs performers de la scène parisienne : Denis d'Arcangelo, Sinan Bertrand, Christine Bonnard, Olivier Breitman, Flannan Obé et Sophie Tellier.
Jean-Luc Revol

Après Le Cabaret des hommes perdus et Rendez-vous (actuellement au Théâtre de Paris), Jean-Luc Revol poursuit son exploration du théâtre musical sur un texte de Vincent Daenen : "Comme je le fais souvent avec de jeunes auteurs, je lui ai proposé de travailler à partir de mes idées. Moon Island est une espèce de no man's land construit sur le modèle du 'Château' de Kafka : les riches en haut, inaccessibles dans leur tour d'ivoire, et dans les bas-fonds, un monde interlope où le loup est devenu un frère pour l'homme. Les personnages de contes n'y ont plus leur place - plus personne ne croyant en eux -, et survivent dans une sorte de ghetto où ils s'entredévorent : un loup-garou travesti tapine la nuit pour croquer ses victimes ; les trois petits cochons, devenus dealers, animent un cabaret ; le petit chaperon s'y est reconverti dans le strip-tease... Le sexe est très présent dans le spectacle, un sexe désespéré, sans amour ni tendresse, où le corps n'est plus qu'un morceau de viande. Les décors et costumes sont variés, intemporels mais rien ne colle avec rien : tout est déstructuré à l'image de cette Babylone qu'est Moon Island. Mine de rien, le spectacle est un reflet assez dur de la société : je suis abasourdi par le nivellement opéré par la télévision sur l'imaginaire des gens qui n'ont plus envie de s'émerveiller. J'ai l'impression d'assister à une vaste entreprise de décérébration des individus. Par moments, le spectacle rappelle le théâtre de Copi, ce qui n'était pas du tout prévu ! C'est un humour dévastateur et dévasté. En contrepoint, les figures romantiques de Mimi et d'Elliot apportent un parfum d'enchantement vénéneux à la Tim Burton."

Flannan Obé
est Elliot Fall

Flannan fut l'une des heureuses révélations de La Compagnie des Brigands et du trio Lucienne et les garçons : "Je suis très sensible à l'idée que beaucoup de choses ont été créées avant nous et qu'il est important de savoir à quelle lignée on appartient. Mais il est aussi passionnant de participer à une création totale, comme c'est le cas ici. Elliot me permet de mettre de côté les fantaisistes pour incarner une personnalité plus sobre et dans la retenue. C'est un être meurtri, désabusé, qui ne demande qu'à reprendre espoir en la vie. Élu pour mener à bien une mission qui le fera traverser un pays dévasté, il croisera sur son parcours toute une galerie de personnages qui le feront évoluer intérieurement après avoir tenté de le bouffer ou le séduire ! Comme à Moon Island, notre époque manque cruellement d'idéaux et la nécessité de se protéger d'un monde agressif prend le pas sur l'ouverture et le partage. L'humain a besoin de croire en son devenir. Articuler l'existence autour de l'argent comme le fait le système est dévastateur pour l'esprit et l'imaginaire : il existe à ce titre un discours dominant consistant à présenter les artistes par les résultats qu'ils génèrent, et non pas pour leur talent et singularité. Ce qui est à l'inverse de la curiosité, de l'émerveillement et aboutit à la désaffection de certains registres."

3 rôles pour
Sophie Tellier

Beauté comme échappée d'un tableau Renaissance et comédienne à la sensibilité à fleur de peau, Sophie s'est notamment illustrée dans Nine, Camille C., dix ans de compagnonnage avec Philippe Calvario et vient de signer les chorégraphies de Mike. "Jean-Luc m'a offert trois personnages très contrastés : Madame Von Leska, une 'méchante' femme de pouvoir(s), milliardaire et alcoolique, inspirée de la reine de Blanche-Neige, Shoe Addict, clin d'œil à Cendrillon, et Scarlett, Chaperon-Rouge désespéré et touchant, qui essaie de conserver son humanité et sa joie de vivre alors qu'elle vit dans un bouge entourée de créatures immondes. La pièce a des allures de fin de monde où chacun se débat avec ses aspirations et névroses. Cette peinture gothique de notre société saisit particulièrement bien le désenchantement généralisé qui nous submerge, la pire chose qui puisse nous arriver. Scarlett voudrait suivre Elliot parce qu'elle a décelé en lui une lueur d'espoir. Cet univers de contes de fées avortés me parle énormément. Je ne me sens pas de ce siècle mais constituée par le passé, pleine de toutes les héroïnes qui ont traversé l'Histoire. Pour moi ce métier est une addition de personnages comme la vie est un enchevêtrement de rencontres, une bibliothèque intime de sensibilités. Je commence à me tourner vers la mise en scène pour partager cet 'attirail' avec des jeunes gens emplis d'espoir et d'attente."


Olivier Breitman
est le comte Lovejoy

Trois années durant à l'affiche du Roi Lion à Mogador, où il sut donner au machiavélique personnage de Scar une intensité particulièrement troublante, Olivier se voit de nouveau confier le rôle du "méchant", tandis qu'à la ville, douceur et bienveillance émaneraient davantage de sa personnalité ! "J'ai beaucoup travaillé avec Jean-Luc mais cette collaboration est particulièrement agréable puisqu'il a demandé à l'auteur de composer nos rôles sur mesure... en fonction de nos parcours théâtraux bien sûr ! C'est en plus une vraie comédie musicale live, avec trois musiciens sur scène. Lorsqu'il s'agissait de composer des personnages de 'gentils', j'ai toujours essayé de chercher leur faille, leurs défauts pour ne pas les rendre trop lisses. Ici, c'est un peu l'inverse, il faut percevoir les motivations du comte Lovejoy : il veut capter l'héritage de la belle Mimi au bois dormant. Mais il a surtout une soif de pouvoir et un désir de vengeance envers les autres personnages qui lui ont ravi l'amour des enfants. Plus personne ne s'intéressant à eux, tous perdent de leurs pouvoirs magiques et chacun doit accentuer ce qui le caractérisait pour ne pas perdre l'essence de sa personnalité. Le livret est à la fois poétique, comique et trash. Ses différents degrés de lecture risquent d'étonner quelques spectateurs !"
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 16/11/2010

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