Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

© Bruno Perroud


Christine Reverho
auteur de “La Douceur du velours”
Après "Petit déjeuner compris" et "Chocolat Piment", Christine Reverho signe sa troisième pièce : "La Douceur du velours". Dans une mise en scène de Panchika Velez, la comédienne Sophie de La Rochefoucauld s'empare de cette comédie dramatique sur les violences conjugales. Au théâtre des Mathurins.
Qui est Camille, le personnage qui se dévoile dans La Douceur du velours ?
C'est une femme simple, très instinctive, qui a une soif de vie énorme. Sous des airs d'apparente gaieté, de légèreté, elle va peu à peu révéler ses fêlures les plus profondes, ainsi que les violences qui ont fait basculer sa vie dans le drame. Camille fait en effet partie de ces femmes qui sont battues par leur compagnon. Au fur et à mesure de ses confessions, on se rend compte de ce qu'elle subit, de la complexité de la relation qui la lie à l'homme qu'elle aime.

Pourquoi avoir choisi de traiter un thème aussi sombre à travers une comédie ?

La Douceur du velours commence comme une comédie pour avancer vers quelque chose de plus trouble, de plus ambigu. Traiter le thème des violences conjugales de façon frontale et purement tragique ne m'intéressait pas. J'ai préféré faire écho à l'intériorité de Camille, montrer sa fragilité, la vulnérabilité de cette femme qui s'accroche à ses rêves pour oublier la dureté de son quotidien. Il m'a ainsi semblé important de donner corps à une forme d'humour, de distanciation, afin d'échapper à toute forme de pathos. Confronter le drame à la légèreté permet de se rendre compte que dans la vie, si l'on n'est pas toujours attentif, il est très facile de passer à côté de ce genre de drames.

Camille apparaît finalement comme une femme pleine d'espoir...

Oui. Une femme pleine d'espoir et pleine d'énergie, qui mène un combat d'optimisme alors que sa vie est effrayante. Son témoignage est un véritable appel à la vie, un véritable appel à l'amour.

Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire une pièce sur ce thème difficile ?

Les violences faites aux femmes est un sujet qui a souvent été abordé au cinéma, mais jamais au théâtre, du moins jamais comme thème central d'une pièce. Or, il faut savoir que ces violences sont la cause principale de mortalité chez les femmes. J'ai écrit cette pièce pour briser une sorte de tabou, pour que l'on regarde enfin la réalité en face, que l'on arrête de se voiler la face.

Cette pièce correspond-elle, pour vous, à un acte militant ?

D'une certaine manière, oui. Mais un militantisme qui se situe en dehors de toute agressivité, de toute vision restrictive du monde. Le plus important est vraiment que l'on se mette à parler de ce genre de drames, afin que les victimes des violences conjugales ne se laissent plus enfermer par la loi du silence et de la soumission.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 10/11/2010

-
Haut