Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous
 
Le moment de Jean-Claude Islert
“Je ne pourrais jamais écrire de romans !”
Le Théâtre Saint-Georges affiche "C'est pas le moment !", la dernière pièce de Jean-Claude Islert. Mise en scène par Jean-Luc Moreau, Jacques Balutin et Thierry Beccaro s'y taillent la part du lion chaque soir autour d'un thème inhabituel au Boulevard : la vengeance !
Il a choisi de ne pas mettre en scène son propre texte. "Cela réduit ; un nouveau metteur en scène apporte son idée propre. Jean-Luc Moreau découvrait quelque chose qu'il ne connaissait pas et était alors beaucoup plus libre." Pourtant Jean-Claude Islert n'a pas déserté les couloirs du théâtre Saint-Georges. Il vient quotidiennement, n'hésite pas à réécrire certains passages pour se mettre au service des comédiens, ce qui, pour lui, qui fait partie du travail de mise en route d'une pièce. Dans la salle cramoisie de la place Saint-Georges, temple du théâtre de divertissement, Jacques Balutin et Thierry Beccaro se partagent son texte avec trois autres comédiens. "C'est la première fois que Balutin joue une de mes pièces. Cette comédie raconte quelque chose - ce qui est rare pour un vaudeville ! : la vengeance d'un employé sur son patron. Ce n'est pas basé sur 'Ciel mon mari !'. Le mari trompé, ça ne marche plus beaucoup."

Indispensable duo

Pour lui le théâtre de Boulevard n'est pas mort. Il le différencie des usines à rire basées sur une rapidité d'écriture, des successions de sketches sans construction de pièces qui font fureur dans certaines salles : "Un truc cadré qui marche très bien, mais que je ne sais pas faire. La télé a demandé à ce que l'on rie tout de suite, mais la comédie demande une exposition pour placer ses billes et développer une situation. Le vaudeville, c'est une mécanique imperturbable. Ce que j'appelle le théâtre bourgeois." Il choisit ses thèmes dans l'actualité, les faits de société, et les développe. Puis il cherche les caractères de ses héros. "Il y a toujours le duo : Laurel et Hardy, Roux-Balutin, Poiret-Serrault... Celui qui prend les coups et celui qui les donne. C'est immuable." Pour C'est pas le moment !, ce sera le duo Beccaro Balutin : un salaud intégral et son employé !

Penser en dialogues

Jean-Claude Islert regrette qu'il n'y ait plus de grandes têtes d'affiche au théâtre. Les pièces deviennent de plus en plus difficiles à distribuer. "On manque de vedettes. On n'a pas su en sortir de nouvelles et cela bloque beaucoup d'auteurs." Ce génie, agrégé de philo - "pour faire plaisir à mes parents !" - , a à son actif un nombre incalculable de pièces, de séries télé, mais se demande encore pourquoi les gens viennent voir ses spectacles. "Je pense tout ce que j'écris en dialogues ! Je ne pourrais jamais écrire de romans..." Qu'importe, qu'il continue de nous écrire encore beaucoup de comédies ; le public les aime tant. Même si lui se demande pourquoi !
Portrait par François Varlin
Paru le 12/12/2010

-
Haut