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© Bruno Perroud


Nicolas Laugero
Ou l’homme qui aime le mélange des genres
L'Espace Pierre Cardin. Derrière ce lieu mythique à l'identité particulière, à la fois galerie d'exposition et lieu de spectacles vivants, se cache un garçon aux multiples facettes qui assure sa direction. Nicolas Laugero, passionné de théâtre et de peinture, nous présente son travail et la comédie musicale "Footloose" dont il est l'un des adaptateurs.
Comment devient-on directeur d'un tel lieu ?
À la base, c'est le théâtre, j'en fais depuis que je suis enfant. À 20 ans j'intègre les cours Florent et je tombe sur une annonce : "Espace Pierre Cardin recherche des comédiens pour faire la visite guidée d'une exposition." Je me suis présenté, j'ai été pris et depuis je ne suis jamais reparti. J'ai intégré l'équipe du lieu, en parallèle de mon métier de comédien et très vite je me suis consacré à l'activité de l'espace. Je me suis occupé des relations presse pendant six ans, puis directeur délégué, j'ai mis un pied dans la production et depuis trois ans, je suis devenu directeur. On devient donc directeur d'un tel lieu avec beaucoup de travail, de chance et de considération. J'ai une très grande reconnaissance envers Pierre Cardin - je suis conscient de ce que je lui dois.

C'est un lieu à part en France ?

Ce lieu est vraiment hétéroclite oui, cela fait quarante ans qu'il existe. Alors à son apogée, Cardin révolutionne le monde de la mode... et le reste. Il a alors les moyens de produire, se lance dans le mécénat, ouvre ce lieu tout en refusant une exploitation commerciale. Il y a eu les débuts de Depardieu, la dernière scène en France de Marlène Dietrich, les années 70-80 ont été marquées par la danse, puis fin 90, début 2000, beaucoup de comédies musicales et aussi de grandes expositions comme Robert Combas ou Raymond Moretti. C'est un lieu pluridisciplinaire, séparé en deux parties : un théâtre de sept cents places d'un côté, et de l'autre, mille cinq cents mètres carrés de surface et de réception de galerie. Marginal et omni-culturel car polyvalent, à l'image du propriétaire du lieu. Dans cette salle qui fait aussi cinéma, il y a du théâtre contemporain, de la danse -Pietragalla -, des concerts - Robbie Williams, Air -, des comédies musicales - L'Air de Paris et, actuellement, Footloose.

Pourquoi Footloose justement ?

C'est le producteur Lorenzo Vitali - Fame, Hair, Hair Spray prochainement au Casino de Paris -, qui m'a confié l'adaptation avec Jacques Collard, qui est mon parrain dans le métier. J'avais déjà adapté au théâtre Les Demoiselles d'Avignon et Orange mécanique. Ici, on a voulu moderniser l'œuvre par rapport aux années 80, la rendre très jeune, très dynamique. C'est la force impétueuse de la jeunesse contre l'ordre conservateur, c'est l'hymne à la musique et à la vie. C'est un spectacle fort et dans l'air du temps, je suis fier d'y avoir participé.
Interview par Samuel Ganes
Paru le 13/12/2010

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