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Bruno?Perroud


Chienne
au Vingtième Théâtre
Splendeur et misère d'une caniche de luxe ! Telle est la facétie musicale à laquelle nous convie Alexandre Bonstein qui s'est adjoint pour ce faire les talents d'Isabelle Ferron et des "musichiens" Jérôme Lyfzick et Thomas Suire.
Alexandre Bonstein
Personnalité accomplie de la scène parisienne - auteur, compositeur, chanteur, danseur, comédien et metteur en scène ! -, Alexandre Bonstein, qui nous avait enchantés avec Créatures et Les Hors-la-loi, nous offre une nouvelle comédie musicale qu'il avait commencé à écrire peu de temps avant de se lancer dans l'aventure du Cabaret des hommes perdus. "Travailler sur un personnage canin est une façon d'aborder les problématiques humaines sous un angle inhabituel assez jouissif à explorer. L'exercice fut d'autant plus naturel que j'aime les chiens. Je me sens proche d'eux, j'ai presque tendance à les saluer dans la rue et suis d'ailleurs assez agacé quand ils m'ignorent ! M'est ensuite venue l'idée de m'interroger sur ce qui pouvait se passer dans leur tête quand ils attendent leur maître à l'entrée d'un supermarché. Avec ma chienne Yolande, cette situation générait systématiquement des drames : elle semblait terrifiée à la perspective d'être abandonnée et se mettait à hurler à la mort. J'ai ensuite choisi de m'intéresser plus précisément à la réaction que pourrait être celle d'une chienne de luxe puisqu'on peut ainsi assister à une descente aux enfers avec effritement de la carapace, du vernis d'apparence - essentiel pour ceux qui ne vivent qu'à travers le regard de l'autre !" Un exercice stylistique essentiellement exploré jusqu'alors dans les dessins animés : "J'ai pensé à la toutoune mélancolique des bas-fonds que Lady rencontre à la fourrière dans 'La Belle et le Clochard'. Mais aussi aux Norman Desmond et Baby Jane, puisque au-delà d'une chienne, il s'agit d'une femme qui a eu ses moments de gloire et dont l'univers bascule en un instant. N'oublions pas qu'il s'agit avant tout d'une comédie divertissante même si j'ai voulu insuffler en sous-couche quelques éléments de réflexion !" Un rôle sur mesure pour Isabelle Ferron qui s'est déjà faite avec brio ambassadrice du Poil [une des chansons du spectacle] lors du festival Diva : "J'avais depuis très longtemps envie de travailler avec Isabelle que j'avais rencontrée sur 'Les Misérables'. Ce rôle demandait une comédienne qui ait une drôlerie, une sensibilité et une profondeur suffisantes pour mettre en relief la comédie par le drame, et qui puisse également chanter avec toutes les nuances nécessaires : le rire est d'autant plus savoureux quand les tripes sont chatouillées en même temps !"

Isabelle Ferron

Chanteuse et comédienne à la personnalité joyeuse et attachante, dont nous avons pu apprécier toute la palette de jeu dans des répertoires variés, aussi bien au théâtre qu'au cinéma (À fond la caisse, Un violon sur le toit, La Leçon ou Le Pari avec Didier Bourdon et Bernard Campan), Isabelle se réjouit de se retrouver au cœur d'une "véritable comédie musicale : du théâtre avec un personnage mis en musique, avec un début, une évolution et une fin ! Nous nous situons vraiment dans cette tradition avec, au final, un objet extraterrestre, ce qui est suffisamment rare pour être signalé ! Alexandre a trouvé une manière originale de traiter de l'amour, de la vie, de la mort, du temps qui passe... C'est un challenge pour moi de faire vivre cette toutoune puisque je n'ai jamais joué de chien de ma vie ! Il est très rare, pour une comédienne de ma génération, d'avoir un aussi beau rôle à défendre. Car finalement, elle n'est pas si éloignée de moi : ce n'est plus une jeunette, elle a tout de même 7 ans, se sent vieillir et en souffre ! Ce qu'elle va vivre peut arriver à tout le monde : le fameux traumatisme de l'instant, le point de rupture qui, en cinq minutes, nous fait basculer dans un autre monde qui nous semble affreusement déconnecté du réel. Au début Perle - c'est son petit nom - se veut très sûre d'elle. Un charme aristocratique émane de sa personne et sous des dehors de grande tolérance, on sent qu'elle éprouve énormément de mépris pour la France d'en bas : on ne mélange pas les torchons et les serviettes... même si l'on finit par se rendre compte que dans tout chien de luxe, il y a un bâtard, voire un cochon, qui sommeille ! Je précise quand même qu'il s'agit d'une femme caniche royale : vous ne me verrez pas habillée de pied en cap en toutou ni marcher à quatre pattes !"
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 18/11/2010

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