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François Pugnet


Béatrice Agenin interprète Marie de Médicis dans “Henri IV, le bien-aimé”
“L’écriture de Daniel Colas déploie une logique de la surprise, du bouleversement.”
Elle incarna Anne d'Autriche lors de la tournée du "Diable rouge", d'Antoine Rault. Aux côtés de Jean-François Balmer*, c'est aujourd'hui la belle-mère de ce précédent personnage que Béatrice Agenin interprète au Théâtre des Mathurins, dans "Henri IV, le bien-aimé", une pièce écrite et mise en scène par Daniel Colas.
À travers le personnage d'Henri IV, quel sujet Daniel Colas a-t-il souhaité aborder dans sa dernière pièce ?
Je crois qu'il a voulu s'appuyer sur cette figure emblématique de l'histoire de France qu'est Henri IV pour parler de tolérance. Sans, pour cela faire de cours de tolérance. Car sa pièce n'est jamais explicative ou didactique. Henri IV, le bien-aimé crée des situations, amène des personnages à vivre des choses qui ont à voir avec l'histoire de la France, bien sûr, avec la politique, avec la question de la religion, mais aussi tout simplement avec leurs réflexions intimes et leurs états d'âme. Ces personnages, avant même d'être des personnalités historiques, étaient des êtres de chair et de sang. Le texte de Daniel Colas nous fait renouer avec cette dimension humaine.

Quel portrait d'Henri IV cette pièce peint-elle ?

Le portrait d'un homme sympathique, passionné, chaleureux, très actif, duquel se dégage beaucoup de charme. Un homme qui aimait les femmes, les plaisirs de la vie, et qui était capable, par amour, d'aller jusqu'à mettre en danger la paix de son royaume. C'est ce qui faillit arriver lorsqu'il tomba amoureux de Charlotte de Montmorency et risqua un affrontement avec l'Espagne pour assouvir ses désirs. La pièce commence à la mort d'Henri IV et revient en arrière pour relater les événements qui constituèrent les dernières années de sa vie. C'est ainsi que le personnage que j'interprète, Marie de Médicis, doit faire face aux élans amoureux extraconjugaux de son époux et ainsi mettre de côté sa jalousie.

Qu'est-ce qui vous séduit le plus dans l'écriture de Daniel Colas ?

Il s'agit d'une écriture qui s'appuie vraiment sur des situations et j'aime beaucoup cela. Daniel use de répétitions, de quiproquos, se sert de tous les procédés de la comédie classique pour éclairer une époque foisonnante, colorée. Ses personnages apparaissent sans intention de dire quoi que ce soit et finalement ils disent tout, ils entrent sur scène dans un état donné et sortent dans un autre état, car des choses se sont passées... Son écriture déploie en permanence une logique de la surprise, du bouleversement. Bien qu'investissant les codes de la pièce historique, Henri IV, le bien-aimé ne tombe jamais dans les travers du scolaire, du rébarbatif. Il s'agit avant tout d'une pièce de personnages, une pièce qui porte un regard très fin et très sensible sur l'humain.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 10/12/2010

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