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©Bruno Perroud


Gérald Sibleyras
Un auteur qui aime se moquer de ses contemporains
En cette rentrée, Gérald Sibleyras signe Stand up mis en scène par Jean-Luc Moreau au Tristan- Bernard.
"Bien meilleur en maths qu'en français et n'aimant vraiment que deux choses : la musique et le cinéma", Gérald Sibleyras s'est mis à écrire "un peu par hasard". Il avoue même une inculture en matière d'art théâtral. Mais il lui semblait "plus simple d'écrire pour le théâtre, plus facile à monter, moins cher, évidemment, que le cinéma". Aussi, après avoir travaillé à France Inter, entreprend-il avec son complice radiophonique Jean Dell, l'écriture du Béret de la tortue. Puis Un petit jeu sans conséquence les propulsera vers le succès. Il retrouve régulièrement son co-auteur préféré (Une heure et demie de retard et Vive Bouchon !). Mais, dorénavant plus sûr de lui, il écrit seul Le Vent des peupliers, L'Inscription, La Danse de L'albatros, Le Banc, Une comédie romantique... et signe diverses adaptations dont Retreat from Moscow (La Retraite de Russie) et 39 steps (Les 39 marches)-Molière 2010 de l'adaptateur- En parallèle, ses pièces sont montées un peu partout à l'étranger, depuis que l'adaptation, par Tom Stoppard, du Vent des Peupliers (Heroes) a reçu un Laurence Olivier Award à Londres en 2006.

Gérald, quelles sont vos sources d'inspiration ?

Je trouve ce mot "inspiration"assez ridicule. J'écris sur notre époque, parce qu'elle m'agace. Alors, je m'amuse en me moquant de mes contemporains, dont d'ailleurs je fais partie. Car ce monde, je le trouve plat et vulgaire, avec quelques îlots souriants qui subsistent malgré tout. Je vais même jusqu'à penser que tous les grands auteurs, ont de tout temps détesté leur époque. On se construit contre, à mon avis, contre son temps, contre la majorité... et lorsqu'on a du talent, on accède à la reconnaissance, celle à laquelle tous les artistes aspirent maladivement. Mais avant tout, j'écris pour les acteurs car comédien est le métier roi du théâtre. Et justement, dans Stand up, il y a des acteurs magnifiques. J'ai rarement été aussi bien "servi". Ce sont tous des comédiens singuliers et tant mieux parce que la pièce est très singulière.

Que raconte-t-elle ?

Un tueur, comme il en existe dans les romans policiers, (Philippe Uchan) a décidé de faire un one-man-show. Il oblige son idole, Laurent (Grégoire Bonnet), à lui écrire des textes drôles, ce sous la menace de son flingue. Ce dernier, totalement dépressif, l'emmène au Festival du rire de Morlaix dont le directeur est interprété par Gilles Gaston-Dreyfus. Le quatrième personnage est Vickye, prostituée et sœur du tueur (Anne Sophie Germanaz).

De quoi vous y moquez-vous ?

Du rire devenu un produit de consommation, des festivals sinistres, des hordes de clowns et de mimes qui surgissent à tout bout de champ dans les festivals... Le tueur pourrait être la figure de l'humoriste contemporain : il est tout-puissant (dans la pièce il est armé), plein de bonnes intentions, et pas drôle. Stand Up est une comédie assez déroutante et grinçante... je l'espère en tout cas !
Interview par Caroline Fabre
Paru le 19/09/2010

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