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© Bruno Perroud


Ce qui arrive et ce qu’on attend
“La vie est un examen… Y a longtemps que vous attendez ?”
Arnaud Denis
Après de nombreux "classiques" comme "Les Fourberies de Scapin", "L'Ingénu" ou "Les Femmes savantes", il met en scène une pièce du répertoire contemporain.

"C'est important pour une jeune compagnie de commencer par des classiques et pour moi de m'attaquer à de grands textes qui nous dépassent. Maintenant, et depuis longtemps, je voulais aborder le domaine contemporain mais je devais trouver LA pièce. Au début, c'est une vraie rencontre avec l'auteur, puis parmi ses œuvres j'ai trouvé cette pièce qui m'a plu par son style, sa tension dramatique. Il fallait qu'elle fasse peau neuve. Selon moi, depuis 'En attendant Godot', on n'a jamais écrit une pièce qui raconte aussi bien ces moments d'attente, car ici tout le monde attend quelqu'un ou quelque chose. D'ailleurs, l'homme est toujours dans l'attente, dès qu'on a passé une porte, on attend pour en passer une autre. On attend un coup de fil, le prochain métro, une date importante, la fin de la semaine, et puis de l'amour, la mort, du succès, Nous sommes tous en état perpétuel d'attente. C'est une œuvre puissante, une histoire sur le pouvoir, sur les rapports de force. Il y a cette phrase d'Ibsen qui résumerait bien une part de la pièce d'ailleurs : 'Si tu parviens à conquérir le monde mais en te perdant toi-même, ton gain n'est qu'une couronne sur un front fêlé.' Dans la forme, c'est un improbable concours d'architecture pour bâtir le premier monument sur la Lune, et sur le fond c'est un chassé-croisé magnifique qui entremêle vie intime et publique. C'est vicelard, malsain, un mélange de pureté et de crasse. Jusqu'où est-on prêt à marcher sur la tête de l'autre pour gravir une marche ? Il y a de l'animalité dans la subtilité. C'est une fable grinçante, émouvante, pleine d'un humour caustique et avec l'actualité du moment, c'est une pièce qui est tout à fait dans l'air du temps."


Jean-Pierre Leroux
Primé au Conservatoire national d'Art dramatique, il a travaillé avec Jean-Laurent Cochet ou encore Georges Vitaly. Voix célèbre du doublage, il n'a cependant jamais quitté les planches.

"J'ai joué du contemporain plus jeune, mais c'est vrai que depuis plusieurs années, aussi parce que je travaille surtout avec Arnaud avec lequel j'ai aussi créé la compagnie, je ne jouais que du classique. Ça va donc être les retrouvailles avec un texte, je ne dirais pas 'quotidien', car Jean-Marie Besset est loin d'être quotidien, mais avec cette brisure, ce phrasé moderne. Le titre de cette pièce m'amuse beaucoup, ça me rappelle cette phrase que disait souvent mon maître, Henri Roland quand il nous faisait répéter et qu'il s'énervait à nous voir composer sans cesse : 'Mais bon dieu, arrive là où je ne t'attends pas !' Car on peut désirer aussi ce qu'on n'attend pas... Le désir et la convoitise animent tous ces personnages, le mien est un médiocre, un petit, et sans moralité. J'aime ça. C'est une œuvre profonde pleine de cet humour sarcastique propre à son auteur."


Virginie Pradal
Primée aussi Conservatoire national, elle intégrera la Comédie-Française et travaillera avec de grands noms tels que Barrault, Perrin ou Huster. Une carrière impressionnante et pourtant un éternel recommencement selon elle.

"Quand je commence une pièce, je suis comme une petite fille au pied d'un escalier. Tout est toujours possible. Je joue ici une femme de pouvoir. Elle est forte et froide, habitée par une autorité sereine et nonchalante, une de ces femmes qui écrasent tout et règnent en maîtresse sur les hommes. Je suis fière et heureuse qu'Arnaud ait fait encore appel moi après 'Les Femmes savantes', car c'est une vraie chance pour moi d'être là. Vous savez, j'ai commencé à la Comédie-Française et joué beaucoup de classiques, puis entre deux je suis passée par des formes de théâtre très différentes dont le Boulevard que je ne renie pas du tout et c'est dommage que la France, qui défend une culture si large, soit aussi conservatrice à mettre les artistes dans des cases. Quand on est comédien, je pense que l'idéal c'est justement de passer d'un style l'autre, et je regrette que tant d'artistes soient catalogués. S'il est bon, un interprète devient celui qu'on lui demande d'être."
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 15/09/2010

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