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Jérôme Savary
D.R.


Frou-Frou, la dernière séance, et Une trompinette au paradis
sont au programme du Déjazet en cette rentrée. Tous deux, mis en scène par Jérôme Savary.
sont au programme du Déjazet en cette rentrée. Tous deux, mis en scène par Jérôme Savary.
Jérôme Savary
Qu'est-ce qui vous anime depuis quarante-cinq ans ?

Raconter des histoires en mêlant théâtre, musique, cirque, magie, chant, pantomime... Je suis encore un enfant : je me déguise, j'invente, je joue.

Au Déjazet, vous proposez deux spectacles dans la même soirée, pourquoi ?

Pour retrouver un esprit de fête toute savarienne. Ainsi, les spectateurs qui choisiront de voir les deux spectacles bénéficieront d'un buffet dînatoire gratuit, en musique et avec moi, bien sûr, au bar.

Que raconte Frou-Frou, la dernière séance ?

D'un côté, un patron de cabaret minable, fumeur de cigares, roublard, hâbleur, de mauvaise foi, râleur... qui me ressemble énormément... d'ailleurs, Frédéric Longbois m'imite à merveille ! De l'autre, un travelo, René ou Renée, qui refuse que l'heure de la retraite ait sonné pour lui et continue, désespérément. Au centre, une question : pourquoi une strip-teaseuse ou une meneuse de revue n'aurait-elle pas le droit de se mettre à poil ou à plume (comme le disait Gainsbourg) jusqu' à 65 ans ? J'ai écrit ce spectacle pour Michel Dussarrat. En une heure, il change près de cinquante fois de costumes, passe du mec à la fille à marins, enfile un truc en plumes... Du grand Dudu !

Et Une trompinette au paradis ?

C'est un spectacle autour de Boris Vian. On y retrouve l'esprit des années 50. J'avais 14 ans quand mon père m'a amené au Tabou un dimanche en matinée. J'y ai découvert Vian, un grand enfant capable d'écrire des chansons de potache et Le Déserteur. Plus tard, j'ai côtoyé Sartre et Beauvoir, les Frères Jacques. J'ai vu Juliette Gréco sur les genoux de Miles Davis... il y avait des gens de tous horizons. J'ai voulu retracer cette atmosphère d'après-guerre et son esprit vorace qui, en fait, fut la vraie révolution culturelle, bien avant celle de 68. C'est un spectacle joyeux, avec un big band sur scène. Ça swingue.

Pour revenir à la retraite, pensez-vous à la vôtre ?

J'ai déjà subi la retraite forcée, à l'Opéra-Comique. Mais je suis reparti sur les routes, comme un saltimbanque, avec ma troupe, ma trompette. Je dirige en Autriche, répète à Madrid... J'écris des contes pour enfants. J'écris, je joue. Bref, je n'arrête pas... même si je compte un peu lever le pied dans trois ans, lorsque ma petite dernière ne voudra plus que je l'emmène à l'école. Je rêve alors de partir, hors vacances scolaires, faire la route 66, celle de Kerouac, de voir les paysages de Tortilla Flat et mon pays de naissance, l'Argentine... À ce moment-là, j'arrêterai sans doute de faire le clown sur scène, place aux jeunes. Aussi, pour ceux qui veulent me voir, c'est maintenant ou jamais !


Michel Dussarat

Après avoir été "petit chanteur" au centenaire des apparitions de Lourdes, dans la chorale des Gais Pinsons, Michel Dussarat, dit "Dudu" entre au Magic Circus. Il travaille avec Savary depuis trente ans en tant que comédien, poursuiteur, zèbre, ours, homme nu... mais aussi créateur de costumes, talent qu'il exerce aussi pour Alain Marcel, Laurent Pelly.

Michel Dussarat, quel effet cela vous fait-il d'avoir inspiré ce spectacle ?

C'est flatteur qu'il ait voulu utiliser mon côté Fregoli... même s'il y a un petit côté "le vieux il faut en profiter pendant qu'il est encore d'attaque", ceci en toute amitié, bien sûr (rires).

La fin de carrière, ça vous parle ?

Oui, car on voit bien que la roue tourne. Cependant, quand on est artiste on a envie de continuer tant qu'on le peut. D'ailleurs, j'ai plein de projets en cours !


Frédéric Longbois

est musicien, chanteur et comédien. Il passe sans cesse d'un spectacle de Jérôme Savary à l'opéra, du cinéma à la télévision. Une aubaine pour quelqu'un qui veut faire ce métier depuis l'âge de 5 ans.

Frédéric Longbois, comment avez-vous pu échapper au cloisonnement des genres ?

D'abord, je déborde d'énergie. Ensuite, ma nature me pousse à être toujours jovial, même si j'ai des problèmes. Cela a facilité les rencontres qui m'ont aidé à réaliser mon rêve de toujours.

Votre personnage dans Frou-Frou semble largement inspiré par Savary ?

Il s'appelle Savarini... alors oui, je me paie le luxe d'imiter le patron... qui m'a laissé libre cours pour y aller à fond !
Dossier par Caroline Fabre
Paru le 29/10/2010

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