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Grégory Benchenafi
Bruno Perroud


Mike
Des kibboutz de Galilée aux néons de la Ville Lumière, la nouvelle création de Thomas Le Douarec, metteur en scène de la fameuse version flamenco du "Cid", retrace le destin tragique de Mike Brant, ressuscité par l'éminemment sympathique et prometteur Grégory Benchenafi.
Thomas Le Douarec
ou la mise en scène à fleur de peau


Mike était à l'origine une pièce de théâtre écrite et montée dans son pays par l'auteur israélien Gadi Inbar, à partir de laquelle il composa, avec Thomas Le Douarec et l'adaptatrice Laurence Sendrowicz, une comédie musicale spécialement destinée au public français. "Je n'ai jamais été un fan de Mike Brant, mais le hasard a fait que je venais de lire sa biographie par Olivier Lebleu quand les producteurs du spectacle m'ont soumis leur projet. Le contraste entre l'univers glamour de la variété des années 1970 et sa jeunesse tourmentée d'Israélien né en 1947 dans un camp de réfugiés, fait de son existence une matière théâtrale extraordinaire, tout en relief et donc passionnante à décortiquer pour un metteur en scène... Pourquoi cet homme beau, talentueux, riche et au sommet de sa gloire s'est-il donné la mort à 28 ans ? Il fait, bien sûr, partie de ces artistes qui n'ont pas eu d'enfance et pour qui tout est arrivé trop vite. Mais on découvre également un contexte familial étouffant : ses parents, hantés par leur expérience des camps de la mort, multipliaient les allers-retours en hôpital psychiatrique. À Paris, Mike s'est aussi enfermé dans une sorte de mutisme comme il parlait très mal le français." Le parcours de Mike Brant et son inéluctable issue offrent ainsi au dramaturge un parfait modèle de tragédie, "opérastique" en l'occurrence, la carrière musicale de l'artiste se révélant à la fois un élément salvateur et destructeur de sa personnalité. "Plus de 120 costumes ont été réalisés et comme nous traversons plusieurs époques et milieux, le décor, immense et déstructuré, se compose et recompose en permanence à la manière d'un puzzle. Ce spectacle est assez exceptionnel pour la scène parisienne dans la mesure où il mêle chansons et véritables scènes de théâtre. L'enjeu était de trouver des chanteurs aguerris dans l'art de la comédie. Pour le rôle de Mike, j'ai auditionné à peu près 150 personnes ! Il fallait trouver un interprète capable de chanter sur au moins deux octaves et demi, grand, beau, charismatique et bon comédien... le cauchemar ! En plus d'être doté d'une voix exceptionnelle, Grégory est un acteur-né : il est grisant de penser que je vais faire découvrir un nouveau talent !"

Grégory Benchenafi
est Mike Brant


Après une passion footbalistique contrariée suite à une mauvaise fracture, Grégory Benchenafi prend des cours de chant de 16 à 19 ans sur recommandation de son entourage, puis participe, tout en suivant des études d'ingénieur, à des spectacles amateurs dans la région de Marseille avant d'intégrer en 2005 la compagnie Roger Louret. Il s'est depuis illustré dans de nombreuses opérettes telles La Java des mémoires, La Veuve joyeuse ou encore La Belle Hélène. "Il y a encore six mois, Mike Brant n'était pour moi qu'un chanteur à voix exceptionnelle que je n'écoutais qu'à l'occasion de fêtes de famille ! Il m'a donc fallu me plonger dans sa vie, son histoire, découvrir le cadre de son enfance, sentir l'empreinte qu'il a aussi laissée en Israël, pour essayer de comprendre et saisir sa personnalité. Incarner quelqu'un ayant existé et sur qui chacun a un point de vue et des souvenirs propres est un sacré défi, le challenge étant de réussir à faire croire que je suis Mike Brant tout en faisant découvrir au spectateur son parcours qui est largement méconnu. Il est fascinant d'être partie prenante d'un travail de reconstruction d'une époque où l'on croise le destin d'autres personnalités marquantes, Sylvie Vartan ou Carlos qui le découvrirent, et surtout Dalida qui fut à l'origine de sa première rupture professionnelle... La seule chose qui m'intéresse est de mener à bien cette aventure que je vis assez sereinement, sans faire de pronostics sur l'avenir. Peut-être parce que je suis arrivé tardivement dans la profession, ce qui m'a permis de l'appréhender avec recul et distance, d'autant que j'ai toujours appris à faire les choses par étapes, avec application et passion, même si cela peut paraître ringard ! Je pense que la patience et le goût de l'effort apportent un épanouissement bien plus profond et durable que la quête d'une reconnaissance immédiate sans fondements."
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 12/09/2010

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