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D.R.


Bernard Le Corff
“Vitrine de tous les arts vivants, le Off verra toujours se mêler toutes les facettes d’un métier riche de talents”
Secrétaire de l'association AF&C (Avignon Festival & Compagnies), directeur du Collège de la Salle, Bernard Le Corff participe, depuis quatre ans, à la refondation du Off. Il revient avec nous sur l'identité de ce rendez-vous théâtral.
Quelle est la vocation du festival Off d'Avignon ?
Si j'étais cynique, je vous répondrais "festival", quel festival ? Le Off n'est pas un festival, mais le rassemblement d'énergies et d'initiatives individuelles parallèles, chacun cristallisant ses actions dans le cadre défini par une structure corporative : la "maison commune" voulue par André Benedetto et par son prédécesseur, Alain Leonard, depuis plus d'une trentaine d'années.

Quelle place le Off souhaite-t-il occuper, aujourd'hui, par rapport au Festival d'Avignon ?

Le Festival Off d'Avignon est une manifestation qui ne se compare jamais au "In". Son financement, ses contraintes organisationnelles, son poids dans le paysage culturel européen font tout à la fois sa fragilité et sa force. Autofinancé, il fait fi de nombreuses contraintes, mais, sauvage, il ne répond à aucun schéma esthétique. Le public, souvent connaisseur, ne s'y trompe pas et arpente les rues d'Avignon (à l'ombre) à la recherche de la "perle" qu'un autre passionné lui aura conseillé de ne pas rater. Le public du Off est son propre directeur artistique, puisant à sa guise dans le vivier des 1 000 et quelques productions présentes, afin de composer son propre festival.

Que souhaitez-vous répondre aux voix qui s'élèvent pour reprocher au Off sa croissance exponentielle ?

La croissance de cette manifestation est le reflet de la crise grave que traversent nos professions. Le désengagement grandissant de l'État, les difficultés rencontrées par les collectivités locales désireuses de soutenir les artistes mais contraintes par d'autres priorités... : tout cela limite l'aide publique, ne laissant aux compagnies et aux diffuseurs que le choix d'une plus grande part de financement privé. Ce rassemblement est un moment privilégié dans la saison, un moment durant lequel les artistes peuvent rencontrer leurs diffuseurs et leur public. C'est aussi parfois un moment de remise en cause, pour certains l'aboutissement d'une œuvre et pour d'autres sa genèse. Notre structure fait le constat de cette situation sans en avoir la maîtrise. Elle fait en sorte d'aider les créateurs et les diffuseurs dans leurs démarches, de protéger les artistes de tous les écueils qu'ils pourraient rencontrer. L'un des credo de notre structure est ainsi le traitement égalitaire, tant matériel que financier, de toutes les équipes artistiques, quelles qu'elles soient.

Quel théâtre le Off a-t-il selon vous vocation à défendre ?

Vitrine de tous les arts vivants, le Off verra toujours se mêler toutes les facettes d'un métier riche de talents. Théâtre d'auteurs vivants, mais aussi théâtre classique et maintenant danse contemporaine, cirque, musique, marionnette, chanson, art lyrique, jeune public : tous les créateurs peuvent trouver dans le Off une place confortable et ainsi rendre ces trois semaines de festival inoubliables pour les passionnés de théâtre que nous sommes.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 30/07/2010

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