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D.R.


Julien Sibre
C'est à cet enfant de la balle, qui fait de la mise en scène depuis son adolescence, formé à l'École des enfants terribles, que l'on doit les "Exercices de style" de Queneau qui a connu un beau succès sur plusieurs saisons dont une entière au Lucernaire, c'est en ce lieu qu'il joue tout l'été "Les Fourmidiables" avec Hubert Drac. Dès septembre, il sera au Théâtre Michel dans une pièce qu'il a adaptée, mise en scène et dans laquelle il interprète : "Le Repas des fauves".
Julien, revenons sur le propos de cette pièce.
1942, sept convives se retrouvent pour un dîner d'anniversaire. Sous leur fenêtre sont abattus deux officiers allemands, la Gestapo investit alors l'immeuble et décide par représailles de prendre deux otages par appartement. Ils doivent alors décider entre eux qui seront les deux choisis. On passe de l'amitié au drame humain, tout se dégrade très vite. Ces sept personnes, microcosme représentatif de notre société, sont bientôt prêtes à tout. Celui qui a de l'argent par exemple commence à acheter les autres, ce n'est pas une pièce qui rend hommage à l'âme humaine. C'est une vraie comédie dramatique, avec du suspense et, bien sûr, un fond historique.

Y a-t-il un lien avec le film de Christian-Jaques ?

Assez lointain. Il y a une dizaine d'années, un soir, par hasard, je regarde ce film, qui date de 1964, à la télé et que je trouve captivant. Quelques jours plus tard, je travaille à la Maison de la radio avec Dominique Paturel qui jouait justement dans ce film. On commence alors à en parler et il m'apprend que c'est, à l'origine, une pièce de théâtre de Vahé Katcha, qu'il avait d'ailleurs adaptée de son propre roman. Je me procure le texte et commence alors un grand travail d'adaptation. La pièce d'origine, tout comme le film, était très bien mais trop "pastel". Je voulais tout plus excessif : plus cruel et, surtout, plus drôle. J'ai voulu réinjecter de l'humour et de la violence. C'est nécessaire pour le public d'aujourd'hui. On m'a dit que la pièce, à l'époque, fut jouée de façon très sobre, intime et sombre, et c'est normal car ils n'avaient pas assez de recul avec la guerre. Il m'a fallu deux ans pour arriver à une vraie comédie dramatique, puis quatre ans pour la concrétiser.

Six ans pour montrer cette pièce donc ?

Exactement ! Cette pièce, comme beaucoup, c'est le prix de la persévérance. Je l'aurais sûrement montée plus vite avec des vedettes comme on me l'a conseillé, mais je tenais trop à cette pièce pour céder à ce genre de pressions, assez répandues aujourd'hui. Je voulais de vrais comédiens et, d'ailleurs, ce sont les mêmes depuis six ans qui font des lectures publiques et croient au projet. Il y a une fidélité réciproque et une complicité, c'est aussi et, avant tout, ça le théâtre.
Interview par Samuel Ganes
Paru le 18/08/2010

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