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D.R.


Philippe Person
Après avoir mis en scène "L'Euphorie perpétuelle", "Délivrez Proust", "Beaucoup de bruit pour rien", Philippe Person propose sa nouvelle création "Misérables", d'après l'œuvre de Victor Hugo. Et, comme si le travail lui manquait depuis qu'il a été nommé directeur du théâtre du Lucernaire en septembre 2009, il a décidé de remonter aussi sur les planches dans sa dernière pièce. Rencontre avec un homme à la vie professionnelle ambitieuse et audacieuse.
Philippe, comment êtes-vous venu à ce poste de directeur ?
Je suis dans le théâtre depuis plusieurs années, d'abord comédien, puis surtout metteur en scène, j'ai créé ma propre compagnie avec laquelle j'ai, depuis, livré des créations presque chaque année sans le concours d'aucune subvention. J'ai toujours autofinancé mes projets, les préventes de mes spectacles m'apportant la masse financière qu'il me manquait. Il y a cinq ans, j'ai commencé à produire mes pièces au Lucernaire, lieu avec lequel j'ai toujours entretenu un lien fort. C'est sûrement ces affinités avec les gens ici et mon travail qui m'ont valu ce poste. Mon combat pour ma compagnie, toutes proportions gardées, est le même que pour ce théâtre qui n'est pas subventionné, mais qui arrive tout de même à faire près de 50 % de créations et vit uniquement de ses recettes.

C'est une grande responsabilité ?

Vous savez, je ne révolutionne pas le lieu, je garde la même ligne directrice : de la diversité, des projets ambitieux, des créations et des valeurs sûres qui attirent le public, mais "programmer" un théâtre c'est un luxe ! Bien sûr, les choix doivent être réfléchis, il faux être curieux et prendre des risques et on assume la responsabilité de toute une équipe. Les valeurs humaines sont importantes ici et il y a une vraie déontologie au Lucernaire. Par exemple, nous sommes les seuls à faire de vraies coréalisations avec les compagnies, sans demande d'avances ou de minimum garanti. Nous ne sommes pas un de ces "théâtres-garages".

Le Lucernaire est un théâtre à part ?

Oui, c'est un lieu unique car c'est un lieu de vie : en plus du théâtre, s'y trouvent aussi un cinéma et un restaurant-bar. Peu de théâtres se permettent de prolonger un spectacle sur plusieurs mois si le succès est au rendez-vous, nous si ! Et notre public est très fidèle et curieux, absolument hétéroclite, allant des étudiants aux personnes âgées : c'est une chance inouïe !

Et on vous retrouve comme comédien dans Misérables ?

Oui, adapté par Philippe Honoré, qui signe l'adaptation de toutes les pièces que je monte. C'est un challenge car je voulais raconter toute l'histoire mais en une heure vingt ! C'est monté très "cabaret", il y a beaucoup de surprises. Je suis très content de retrouver les planches et mon équipe, il s'agit d'un véritable travail de troupe qui fait gagner du temps et évite les conflits. Avec le temps, je m'aperçois combien il est nécessaire d'exercer son métier dans le
Interview par Samuel Ganes
Paru le 28/04/2010

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