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Eudes Labrusse
D.R.


Elias Leister a disparu
Un thriller des plus poétiques
C'est au Théâtre 13 que la compagnie du Théâtre du Mantois nous propose sa dernière création "Elias Leister a disparu". Une pièce sous forme de triptyque d'Eudes Labrusse, qui signe aussi la mise en scène avec Jérôme Imard. De l'enfance à l'âge adulte, tout au long de
sa vie, Elias Leister va disparaître à plusieurs reprises. Mais, pourquoi ? Un commencement de réponse avec les deux metteurs en scène.
Messieurs, revenons sur votre parcours avant votre collaboration.

Eudes Labrusse :
Au départ, nous nous sommes rencontrés jeunes, lors de notre service civil en Équateur à Quito. Rien à voir avec le théâtre. Puis on s'est perdu de vue. Je suis rentré dans l'Éducation nationale pour enseigner les lettres et fut muté près de Mantes où j'ai intégré le Théâtre du Mantois avant d'en reprendre la direction en 2001.
Jérôme Imard : J'ai aussi commencé dans l'enseignement, la philosophie et, à 25 ans, j'ai fait parallèlement l'école Claude Mathieu. Par hasard, j'ai retrouvé Eudes sur un travail d'atelier de la compagnie, puis une création. Depuis, je suis comédien et metteur en scène.
E. L. : On aime travailler en co-mise en scène, il y a une recherche mutuelle et une confrontation d'idées qui nous enrichissent beaucoup. Je signe ici ma cinquième pièce, après
La Madone des dancings ou les mille vies d'Yvette Horner, Le Collier de perles du gouverneur Li Qing, Nadia La Nuit et Le Rêve d'Alvaro.

Alors pourquoi Elias Leister a disparu ?

E. L. :
Là est toute l'intrigue car cette pièce est un vrai polar. Il y a trois parties : l'enfance, où il disparaît pour la première fois. Enlèvement ou fugue, la police le recherche activement. Viennent alors des révélations et des secrets de famille qui nous aideront à comprendre. Puis, à 25 ans, alors qu'il est soldat, il disparaît lors d'une mission, et son capitaine tente de le retrouver. Ensuite, dans la dernière partie, on reste dans ce pays où il a disparu au cœur de la jungle et c'est son amour d'enfance qui part à sa recherche. On est ici dans le rêve, un monde onirique.
J. I. : J'ai eu un vrai coup de cœur. C'est une langue étonnante où le mot a son importance. Dans l'adresse des personnages tout est écrit au "vous", comme s'ils se parlaient à eux-mêmes, se mettant en retrait, ou qu'ils s'adressaient au public et celui-ci devient alors le personnage et témoin à charge ou à décharge.
E. L. : C'est vrai que sur le plan formel, il y a une réflexion, sans prétention, sur notre théâtralité, et cela passe beaucoup par le récit, plus que par les dialogues. Dans le fond, il y a une variation libre autour du mythe d'Œdipe. J'aime sans cesse réinterroger la mythologie grecque.
J. I. : Derrière ce mythe se retrouvent les thèmes de l'enfance, de l'enfantement, de la recherche de l'enfance une fois adulte, de nos origines, le complexe d'Œdipe dans la psychanalyse. La dernière partie représente une vraie plongée dans les symboles, le primitif, il y a des correspondances avec Au cœur des ténèbres de Conrad. C'est une plongée dans l'inconscient qui s'élargit vers un propos plus politique et universalisé qui nous parle et nous touche tous.
Dossier par Samuel Ganes
Paru le 15/03/2010

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