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© Laurencine Lot


Alexandra David-Néel, mon Tibet
avec Hélène Vincent et Émilie Dequenne
En juillet 2003, le dramaturge et scénariste Michel Lengliney rencontre Marie-Madeleine Peyronnet alors qu'il visite la demeure dignoise d'Alexandra David-Néel. De sa rencontre avec la gouvernante et secrétaire de la fameuse exploratrice féministe est né un texte lumineux pour deux actrices, explorant avec profondeur et humanité les splendeurs et misères de l'existence, au travers des dix dernières années de la vie de l'orientaliste. Didier Long apporte à cette œuvre sensible sa signature délicate et impressionniste.
Approchée dans un premier temps pour mettre en scène le texte de Michel Lengliney, Hélène Vincent a finalement été choisie pour incarner la souveraine de Samten Dzong. "Je connaissais Alexandra par ses écrits. Comme beaucoup de femmes de ma génération, elle a stimulé mon énergie et encouragé mes audaces. Ce qui m'a touché dans cette pièce est la puissance de sa rencontre avec Marie-Madeleine. Incarner une femme au destin hors du commun et totalement maîtrisé, bouddhiste et qui devrait donc consentir à toutes les étapes que la vie nous présente, est particulièrement intéressant, d'autant qu'à la fin de sa vie, Alexandra ne consentait à rien du tout, et surtout pas à cet enfermement infligé par ce corps qui se dérobait pour la première fois à sa volonté. Le challenge était de ralentir le corps, l'handicaper, tout en gardant une foudroyante rapidité de pensée et un désir de vivre intact. Elle enrage de vieillir, d'être dépendante, mais se bat jusqu'au bout avec une volonté inouïe liée à un ego démesuré. La pièce pose ainsi la question : comment conjuguer avec l'existence jusque dans ses derniers murmures et rester le sujet de sa vie en essayant d'être le plus léger possible pour son entourage ? Ce ne fut pas le cas d'Alexandra qui a été tyrannique avec sa gouvernante !" Exercice délicat dans lequel Hélène Vincent ne démérite pas. Bien au contraire. Elle offre une composition stupéfiante de ce personnage à la fois attachant et autoritaire. Émilie Dequenne apporte, quant à elle, à la jeune secrétaire la douceur, la volonté et la magnanimité propres aux femmes de modeste condition de sa génération. Au point de rendre par moments antipathique la figure d'Alexandra David-Néel et ses positions idéologiques jusqu'au-boutistes dont on mesure aujourd'hui les dérives funestes. "Marie-Madeleine est une jeune Pied-Noir débarquée d'Algérie à la fin des années 1950 dans le contexte difficile du processus de décolonisation. Sa vivacité, son expérience très terrienne de la vie et son intelligence lui permettent de tenir tête à Alexandra qui avait remercié énormément de monde avant elle... Je me suis laissée cueillir par cette fable qui traite de la vieillesse, d'une rencontre, de la transmission d'un savoir avec émotion et humour. J'avais très envie de retravailler avec Didier Long mais aussi de m'éloigner le plus loin possible de Mademoiselle Julie, mon premier rôle au théâtre."
Zoom par Alain Bugnard
Paru le 07/04/2010

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