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© Palazon


William Mesguich
Parce que toute une vie est un songe
William Mesguich est un garçon passionné, il suffit de l'écouter pour en être convaincu. Metteur en scène méticuleux et de talent, il a, comme son père Daniel Mesguich, fait son propre chemin et ses propres choix en créant sa compagnie Le Théâtre de l'Étreinte avec Philippe Fenwick. Il nous propose aujourd'hui LE chef-d'œuvre du théâtre baroque espagnol "La vie est un songe" de Pedro Calderon de la Barca au Théâtre 13.
Pourquoi cette pièce ?
Ce classique est d'une modernité absolue. J'aime les textes contemporains, mais j'aime revenir aux classiques. Les grands textes sont si puissants, universels, ils renferment les perpétuelles questions sur la vie. Cette pièce, précisément, est baroque, folle, profonde. À la fois pièce d'aventure, à suspense, elle est pleine d'illusions, de quiproquos, de délation, de trahison, de travestissement, diluant aussi une histoire d'amour... elle fait état de tous les enjeux de la vie - Calderon est le petit frère de Shakespeare, vous savez. La vie est un songe raconte l'acte manqué entre son père et son fils : le prince Sigismond est enfermé à la naissance par son père, le roi Basile, car les oracles ont prédit qu'il répandra la tyrannie et le chaos. Il est alors enfermé, mis en cage, torturé. C'est un adulte-enfant qu'on va éduquer, conditionner, annihiler, afin d'altérer son comportement et sa personne parce que c'est un fou potentiel. Ce qui pose la question suivante : à partir de quel moment fait-on du mal ? A-t-on fauté alors qu'on n'a rien fait ? Et puis, c'est aussi une critique sociale sur le conditionnement de l'individu, mais aussi sur le règne par la peur et non par l'amour. Les oracles, l'ésotérisme d'antan c'est la politique d'aujourd'hui, une part de la science même. C'est une pièce sombre, violente, mais avec une lueur d'espoir car la fin est heureuse. Prenez l'exemple de Franco qui a formé Juan Carlos à la tyrannie, au despotisme éclairé. Eh bien, il a au contraire réintroduit la monarchie et avec elle, la république. Il a fait le bien... tout comme Sigismond et j'aime cette foi en l'humain.

C'est déjà votre vingtième mise en scène...

Oui. Je dois beaucoup à mon père et à Pierre Debauche, qui dirige le Théâtre des Amandiers à Nanterre où j'ai monté ma première pièce, Fin de partie de Samuel Beckett en 1996. Depuis la création de notre compagnie, on a beaucoup de chances, car on arrive toujours à créer malgré le manque d'argent, la concurrence aussi. Moi je revendique un théâtre populaire, enthousiaste, généreux qui apporte allégresse et plaisir, mais aussi porteur de questionnements, de doutes, de fantasmes... Et vous savez, je fais mon métier avec plaisir et sérénité, car ça m'amuse d'ailleurs de constater que les auteurs sont toujours plus forts que les styles qui passent dans les mises en scène. Toujours.
Interview par Samuel Ganes
Paru le 18/01/2010

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