Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

© Laurencine Lot


Oncle Vania
Écrit en 1897, sept ans avant la mort de son auteur, "Oncle Vania" esquisse, à l'instar de "La Cerisaie" ou de
"La Dame au petit chien", l'imminence de la fin d'une civilisation et de ses protagonistes, à travers le séjour d'été du professeur Sérébriakov et de sa jeune épouse Elena dans la maison d'enfance de son beau-frère surnommé Oncle Vania. Le Théâtre 14 accueille la nouvelle création de Marcel Maréchal et des Tréteaux de France.
Michel Demiautte
est le professeur Sérébriakov

Fidèle compagnon de travail de Marcel Maréchal depuis la création de La Criée en mai 1981 à Marseille, Michel Demiautte cosigne la mise en scène de la nouvelle création des Tréteaux de France et incarne le professeur Sérébriakov. "Tchekhov prend chacun de ses spectateurs par la main pour l'amener à la découverte de lui-même. Depuis que nous avons créé le spectacle à Figeac, nous avons constaté que le public était excessivement ému et intéressé par le propos de la pièce. L'univers dans lequel nous évoluons est celui de la fin du XIXe siècle, mais nous ne sommes pas dans une reconstitution historique : le décor, minimaliste et impressionniste, donne l'idée d'une maison avec ses portes et son jardin ouvert sur l'infini. Le professeur est un manipulateur qui n'a de cesse de tyranniser sa femme. Il va mettre le feu aux poudres quand il va annoncer qu'il veut vendre la maison. Il est assez touchant car, au seuil de la mort, et a cette manière, disons prophétique, de sentir que l'échéance est proche et que la société dans laquelle il est né va bientôt s'écrouler. Il finit par ressembler à un enfant que l'on voudrait protéger. C'est en tout cas dans ce sens que j'essaie de le jouer."

Hélène Roussel
est Maria Vassilievna Voïnitskaïa

Sœur de Michèle Morgan, Hélène Roussel s'était déjà illustrée dans l'adaptation d'Oncle Vania par son époux André Cellier. Elle jouait alors le personnage d'Elena. Mais pour Marcel Maréchal, elle devient la mère de Vania. "Quand j'ai commencé à travailler ce personnage, j'imaginais une dame gentille, posée, mais Marcel m'a dit que ce n'était pas du tout le cas ! Elle entre en scène avec un 'Oh !' qui doit être monumental pour montrer qu'il s'agit d'une femme autoritaire, forte, énergique et orgueilleuse. Elle tient ainsi tête à son fils pour lequel elle nourrissait de grandes espérances. Il l'a déçue en se contentant de gérer son domaine et de mener une vie provinciale. Toute son admiration s'est reportée sur le professeur, l'époux de sa fille décédée. Ces apparitions sont courtes, elle exprime précisément et d'une manière très percutante ce qu'elle ressent, et son fils reçoit chacune de ces humiliations en plein cœur... J'ai joué Elena, mais dans le siècle passé, puisque j'avais alors 22 ans ! La mise en scène d'André Cellier, qui jouait Oncle Vania (joué ici par Marcel Maréchal !) était moins drôle et plus sombre. Il n'y avait pas cette joie, cet humour, ce côté léger et spirituel qu'ont su développer Marcel et Michel Demiautte."

Emmanuel Dechartre
est le Docteur Astrov

Emmanuel Dechartre crée, quant à lui, le rôle d'Astrov, personnage dont l'épouse du professeur s'éprend : "Tchekhov explore le fond des précipices de l'âme humaine mais son traitement n'en demeure pas moins drôle, comme Molière qui donne envie de rire de ce dont nous devrions pleurer. Je pense que la particularité de cette adaptation est d'avoir saisi cet esprit-là, alors que Tchekhov est souvent monté de manière sombre... Astrov est un homme déchiré, peu satisfait de sa vie. Il a une vision pessimiste des hommes et du devenir de l'humanité mais, comme Tchekhov, il est médecin et fait ce qu'il peut pour aider et soigner les gens. Astrov est aussi visionnaire car écologiste avant l'heure. Tchekhov prévoyait déjà que si nous continuions à détruire la nature, nous deviendrions nos propres fossoyeurs. Il avait une vision très pessimiste du devenir de l'humanité. Il avait déjà noté que s'entretuer semblait être le plus grand plaisir des hommes. En matière de noirceur, je pense toutefois que le XXe siècle et les millions de morts que nous ont donnés Staline, Hitler, Mao ou Polt Pot dépassèrent toutes ses prévisions... L'homme intérieur n'évolue pas, malgré les progrès de la médecine et de la science, car toujours écartelé entre cet espoir extraordinaire qu'il peut incarner et la violence de ses passions meurtrières et de son égoïsme. Jusqu'à présent, l'humanité continue d'avancer mais le drame est qu'elle laisse des millions de gens sur le bord du chemin."
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 24/01/2010

-
Haut