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© P. Poirier


Guillaume Gallienne
féminin-masculin
Après le succès de ce spectacle en 2008, lors de sa création au Théâtre de l'Ouest Parisien, Guillaume Galliennereprend "Les garçons et Guillaume à table !"au théâtre de l'Athénée. Un monologue intime au sein duquel le sociétaire de la Comédie-Française fait preuve de sincérité et d'autodérision.
Dans Les garçons et Guillaume à table !, vous revenez sur la construction, puis l'affirmation de votre identité sexuelle. Ce spectacle représente-t-il, pour vous, une forme de coming out à l'envers ?
Le coming out est l'issue de ce spectacle, pas le propos. Les garçons et Guillaume à table ! révèle la quête d'identité d'un jeune homme étiqueté d'une sexualité avant même qu'il ait le temps de la découvrir. C'est l'histoire intime, profonde d'un malentendu qui a duré quinze ans. Un malentendu dans l'esprit des autres qui ont toujours pensé que j'étais homosexuel, mais aussi dans mon propre esprit.

Claude Mathieu, qui signe la mise en scène de ce spectacle, parle d'une blessure à propos de l'expérience de vie qui le traverse...

Bien sûr, la blessure d'un garçon qui comprend qu'il ne sera jamais la seule fille de sa mère et, par extension, qu'il ne sera jamais une femme.

Cette blessure a-t-elle cicatrisé ?

Non, je ne crois pas qu'elle cicatrisera jamais complètement. J'ai accepté cette blessure, j'ai appris à vivre avec. Je crois que la chose la plus virile que j'ai faite dans ma vie, c'est d'accepter ma féminité.

Quelle relation vous lie à Claude Mathieu, votre marraine de théâtre ?

Dès que je l'ai vue, j'ai eu un véritable coup de foudre pour elle. C'était lors de mon premier engagement à la Comédie-Française, en tant qu'élève stagiaire du Conservatoire. Nous jouions ensemble Mithridate de Racine, mis en scène par Daniel Mesguich. Notre relation a été une évidence immédiate. Elle m'a parlé de théâtre de manière formidable : à propos de l'auteur, à propos du texte. C'est elle qui m'a donné envie d'entrer à la Comédie-Française.

Comment vous a-t-elle dirigé dans Les Garçons et Guillaume à table ! ?

Claude est très douce, elle n'impose rien, ne force rien. Elle travaille beaucoup avec le temps. Il s'agit d'une metteure en scène très patiente. Elle m'a nourri de confiance. Je lui dois beaucoup.

Après l'argument de Caligula, pour le ballet de Nicolas Le Riche à l'Opéra de Paris, ce monologue est votre deuxième expérience d'écriture. Avez-vous envie d'aller plus avant dans une carrière d'auteur ?

Non. Je suis quelqu'un qui aime profondément le travail, qui ne peut pas faire les choses sans m'investir totalement, ne serait-ce que pour une question d'honnêteté. J'ai pas mal d'histoires dans la tête, qui pourraient devenir des nouvelles mais, pour l'instant, je souhaite me consacrer totalement au jeu, à l'incarnation. J'ai eu envie de raconter cette histoire, donc je l'ai fait. Mais, je n'écris pas
pour écrire. Je ne me sens pas écrivain.
Interview par Manuel Piolat Soleymat
Paru le 22/01/2010

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